Le ministère prophétique de Muhammad.
|
Dans le chapitre précédent nous avons vu
que Dieu exige deux témoins pour toute question touchant à la
justice humaine ; pour les questions qui ont trait à des sujets
religieux, à des vérités divines et célestes, Dieu présente
au moins deux témoins. Nous avons vu également que si un homme
se présente à Jérusalem ou à La Mecque en prétendant que ses
paroles lui viennent directement du Dieu Créateur, nous devons
nous interroger - et l'interroger : « Comment pouvons nous être
assurés que tu parles au nom du Dieu Créateur, le Dieu du ciel
et de la terre. Qui - ou quoi -
constitue le second témoin ? »
A l'idée que nous puissions poser cette
question, certains de mes lecteurs se sentiront sans doute mal à
l'aise. Il leur semble que la question jette une ombre de
suspicion sur la personne qui se proclame prophète. Car elle
pourrait impliquer dans l'esprit de celui qui la pose l'a priori
: « Je ne te crois pas ».
J'en conviens. Imaginez précisément ce
qu'ont pu ressentir les chrétiens qui ont entendu, comme cela a
été mon cas, des centaines de fois l'affirmation : « Vous avez
falsifié l'Evangile ! » N'y a-t-il pas, sous jacente à cette
affirmation la pensée : « Je ne crois pas » ?
La question est d'ailleurs si importante
qu'elle doit exclure les états d'âme. Elle doit être posée à
la fois aux chrétiens et aux musulmans : « Quelles sont les
preuves ? Qu'est-ce qui témoigne que les paroles que Jésus a
prononcées et qui sont dans l'Evangile venaient bien de Dieu ?
Qu'est-ce qui témoigne que les paroles que Muhammad a
prononcées et qui sont dans le Coran venaient bien de Dieu ? »
Quand Muhammad parcourait les rues de La
Mecque, en affirmant que Dieu lui avait parlé et lui avait
donné des révélations sur le Jour de Jugement, comment ses
auditeurs pouvaient-ils avoir la certitude qu'il en était bien
ainsi ? Il en va de même pour celui qui lit dans le Coran les
paroles de Muhammad : Comment peut-il être certain que c'est
Dieu qui les a révélées à Muhammad ? Muhammad n'est qu'un
témoin - le premier.
Un second témoin
Chaque fois que j'ai posé la question :
« Y a-t-il quelqu'un d'autre que Muhammad à avoir entendu
l'ange Gabriel ? », tous mes interlocuteurs, à l'exception d'un
seul m'ont répondu : « Non, Muhammad a été l'unique personne
à avoir entendu l'ange ». Le seul à avoir été d'un avis
différent m'a montré un hadith puisé dans la collection des
Quarante Hadiths de Nawawi.
Ce hadith, transmis par Muslim, rapporte
qu'un homme s'était approché de Muhammad, et l'avait
interrogé. Le ton de cet homme était celui d'un maître.
Satisfait des réponses obtenues, il s'en alla. Alors Muhammad
déclara
à Omar et aux autres personnes présentes que ce visiteur était
Gabriel. C'est possible. Mais cela ne change rien à notre
problème : c'est Muhammad qui a identifié le visiteur. Ce n'est
pas Gabriel qui a révélé son identité, ainsi Muhammad reste
le seul témoin.
De plus, c'est le seul hadith qui traite
de ce sujet.
Bâtir notre conviction sur un hadith,
transmis par un seul spécialiste ne constitue pas une démarche
sage.
Mais il faut reconnaître aussi que dans
la plupart des cas seul le prophète a entendu la voix de Dieu ou
de l'ange. Il ne nous est jamais rapporté, dans la Torah-Ancien
Testament, qu'une autre personne ait entendu Dieu s'adressant à
Esaïe ou à Jérémie. De même, le Coran ne mentionne pas
d'autres personnes témoins des paroles adressées par Dieu à
Houd ou à Salîh. Moïse et Jésus sont deux grandes exceptions
à cette constatation.
Du Mont Sinaï, Dieu s'est adressé à
Moïse et à tout le peuple d'Israël. Les Israélites étaient
si épouvantés qu'ils supplièrent Dieu de ne pas répéter ses
paroles. C'est en réponse à leur requête que Dieu promit de
leur envoyer un autre prophète comme Moïse, « un
prophète d'entre leurs frères » (Torah Deutéronome 18).
A trois reprises durant la vie terrestre
de Jésus, Dieu a parle ouvertement comme second témoin. La
première fois, ce fut lorsque Jean (Yahyâ Ibn Zakarïyâ)
baptisa Jésus :
« Tandis que tout le peuple se faisait
baptiser, Jésus fut aussi baptisé ; et pendant qu il priait, le
ciel s'ouvrit, et l'Esprit Saint descendit sur lui sous ; une
forme corporelle, comme une colombe. Et il vint une voix du ciel
: Tu es mon Fils bien-aime objet de mon affection » (Luc
3.21-22).
Il est clair que Jean et tous ceux qui
furent baptisés à ce moment entendirent la voix.
La deuxième fois, ce fut en présence de
trois disciples : Pierre, Jacques et Jean. Jésus les avait pris
avec lui sur une haute montagne où il fut transfiguré. Ses
vêtements devinrent d'une blancheur éclatante. Moïse, mort,
depuis plus de 1000 ans, et Elie, monté au ciel depuis plus de
800 ans apparurent à Jésus.
-
« Une nuée
vint les envelopper, et de la nuée sortit une voix :
Celui-ci est mon fils bien-aimé, écoutez-le. Aussitôt
les disciples regardèrent tout autour, mais ils ne
virent plus personne que Jésus seul avec eux » (Marc
9.78).
Enfin la troisième occasion est
rapportée par Jean ; la déclaration divine eut pour témoin un
vaste auditoire :
-
« (Jésus dit) :
Père glorifie ton nom !
-
Une voix vint alors
du ciel : Je l'ai glorifié et je le glorifierai de
nouveau. La foule qui se tenait là et qui avait entendu,
disait que c'était le tonnerre. D'autres disaient : Un
ange a parlé.
-
Jésus reprit la
parole : Ce n'est pas à cause de moi que cette voix
s'est fait entendre ; c'est à cause de vous » (Jean
12.28-30).
Mais la plupart des prophètes n'ont pas
eu confirmation de leur ministère par une voix céleste.
C'est pourquoi Dieu doit produire un
second témoin d'une nature différente. Par le passé, Dieu
s'est servi de trois types de témoins :
A. Le prophète peut accomplir des miracles
pour confirmer ses paroles.
B. Les prophéties annoncées par des
prophètes antérieurs s'accomplissent par le nouveau prophète.
C. Le prophète annonce des événements
futurs. En accomplissant ces prophéties, Dieu confirme le
message du prophète.
Examinons en détail chacun de ces trois
types de témoins.
l. Miracles
comme second témoin
La Torah et le Coran attestent que Dieu a
confirmé la mission spécifique de Moïse par de nombreux
miracles. La Torah-Ancien Testament fait encore allusion aux
miracles accomplis par bien d'autres prophètes, notamment Elie
et Elisée. L'Evangile et le Coran mentionnent les miracles par
lesquels Jésus authentifiait son ministère. II était donc
normal que les habitants de La Mecque demandent à Muhammad
d'accomplir un miracle, de sorte qu'ils aient le deuxième
témoin indispensable.
D'après le Coran, Muhammad fut chargé de
répondre qu'il n'était qu'un avertisseur. Après la mention des
cieux, du soleil et de la lune, de la terre avec ses montagnes
affermies, des rivières, des fruits, des jardins, des palmiers
comme signes, la Sourate du Tonnerre (Al-Ra'd) 13.4b,7, de la
période mecquoise tardive, déclare :
-
« I1 y a vraiment
là des Signes pour un peuple qui comprend.
-
Les incrédules
disent : Pourquoi n'a-t-on pas fait descendre sur lui un
Signe de la part de son Seigneur ?
-
Tu n'es qu'un
avertisseur. Un guide est donné à chaque peuple. »
Le verset 27 de la même Sourate réitère
la requête :
-
« Les incrédules
disent : Pourquoi n'a-t-on pas fait descendre sur lui un
Signe de son Seigneur ? »
La réponse est fournie au verset 31 :
-
« S'il existait un
Coran par la vertu duquel les morts parleraient !. »
les habitants ne croiraient cependant pas.
Nous ne doutons pas un seul instant que
cette affirmation du Coran est vraie : même en face d'une preuve
irréfutable, des hommes refusent de croire. Après que Jésus
eût multiplié cinq pains et deux poissons pour nourrir
miraculeusement 5000 hommes et que, sur la base de ce miracle, il
se fût déclaré « vrai pain venu du ciel », les juifs lui
demandèrent : « Quel miracle fais-tu donc afin que nous le
voyions et que nous te croyions ? Quelle oeuvre fais-tu ? »
(Jean 6.30).
II y a toujours eu deux catégories de
personnes. A côté des incrédules endurcis qui resteront
incrédules quoi que Dieu entreprenne pour les convaincre, il y a
ceux qui cherchent sincèrement à connaître la volonté de
Dieu. Ils sont à l'affût du deuxième témoin grâce auquel ils
sauront sur quel sentier s'engager.
Le Coran répond à cette quête en
mentionnant les signes. L'ennui, c'est que tous les signes
coraniques évoqués plus haut sont des signes tirés de l'ordre
de la Nature. Ils ne prouvent qu'une chose : il y a un Dieu
Créateur Tout Puissant. Ils ne prouvent nullement que celui qui
en parle est un authentique prophète.
Le Dr Bucaille a écrit deux livres qui
font abondamment mention des merveilles de la création de Dieu.
Dans son deuxième ouvrage, il mentionne même des prodiges que
ne cite pas le Coran. Le Dr Bucaille est-il pour autant un
prophète ? Certes non ! Il serait sans doute le premier à
refuser ce titre.Y a-t-il des miracles que les musulmans
pourraient évoquer comme deuxième témoin possible ? Certains
voient dans le Mi'râj - ou voyage nocturne - un éventuel
miracle. Il est mentionné dans la Sourate du Voyage nocturne
(A1-Isrâ' ) 17.1 de l'an 1 avant l'Hégire :
-
« Pureté à
Celui qui, une nuit, fit voyager Son esclave, de la
Sainte Mosquée à la très lointaine Mosquée, dont Nous
avons béni l'alentour, afin de lui faire voir certains
de Nos signes... »
La ma jorité des commentateurs
interprètent ce récit littéralement comme un déplacement
physique de Muhammad. Quelques rares exégètes - et parmi eux
Hamidullah - considèrent qu'il s'agit d'une vision. A
l'exception de Hamidullah, tous identifient la « très lointaine
Mosquée » à Jérusalem. Hamidullah pense au paradis. Pickthall
fait état d'un « coursier céleste », Yusuf Ali défend
l'idée d'une ascension de Muhammad de Jérusalem jusqu'au trône
sublime dans les cieux les plus élevés ; Hamidullah ajoute que
c'est à cette occasion que Muhammad reçut les cinq offices
quotidiens. Mais précisons que toutes ces notions proviennent de
la littérature des hadiths. Le verset coranique cité plus haut
ne contient en lui-même aucune de ces idées. Nous ne sommes
toujours qu'en présence d'un seul témoin. Cette expérience ne
fut vécue et rapportée que par Muhammad.
La requête des incrédules de La Mecque
est reprise dans la Sourate de l'Araignée (Al-`Ankabüt) 29.50,
de la période mecquoise intermédiaire :
-
« Et ils
disent : Pourquoi n'a-t-on pas fait descendre sur
celui-ci des signes de la part de son Seigneur ? »
La réponse jaillit un peu plus loin :
-
« Dis : Rien
d'autre : les signes sont auprès de Dieu. Et rien
d'autre : Je suis un avertisseur clair. Quoi, cela ne
leur suffit-il pas que Nous te fassions descendre le
Livre qui est récité sur eux ? » (verset 50b-51
).
Nous avons suivi le raisonnement jusqu'à
son terme. Les miracles - ou les signes - sont au pouvoir et au
vouloir de Dieu. Muhammad est chargé d'annoncer qu'il n'est
qu'un « avertisseur clair ». Nous en déduisons que Dieu n'a
pas voulu accorder à Muhammad le don d'un miracle quelconque.
Alors nous nous trouvons confrontés à la question : « Le Coran
n'est-il pas suffisant » comme deuxième témoin ?
Ce procédé nous fait entrer dans un
cercle vicieux où la question tient lieu de réponse ! Or on
nous a bien mis en garde : n'accepter les paroles d'un prophète,
dans ce cas le Coran, que s'il peut avancer un deuxième témoin.
Et voilà que le Coran contourne la difficulté en affirmant que
les paroles du prophète constituent le deuxième témoin ! Le
bât blesse. On ne peut dissocier le prophète de ses paroles.
Ils sont inséparables et constituent le premier témoin.
Supposez que je vous déclare : « La lune
est composée de beurre ». Vous me répondrez : « Ce n'est pas
ce que les astronautes ont découvert ! Prouvez-le moi. »
Comme preuve, je saisis une feuille de
papier sur laquelle j'inscris ces mots : « La lune est composée
de beurre ». Je me tourne alors vers vous, je vous tends la
feuille de papier et j'ajoute : « Regardez ! C'est pourtant bien
ce qu'indique cette feuille de papier ! »
Sous cette forme simple, voire simpliste,
il est évident que mes paroles verbales et mes paroles écrites
comportent exactement les mêmes mots. II n'y a en réalité
qu'un seul témoin. Vous aurez raison d'être plus exigeant et de
réclamer un témoin extérieur à moi-même. Car vous ne pouvez
pas considérer mon affirmation écrite comme l'autre témoin de
mon affirmation orale.
La Sourate 29, verset 52 en appelle à
Dieu comme témoin :
-
« Dis : Dieu
suffit comme témoin entre moi et vous. Lui qui sait tout
ce qui est dans les cieux et sur la terre. »
On en revient à la case départ : la
mention des cieux et de la terre, donc la création, est une
preuve qu'il existe un Dieu Créateur, mais non pas une preuve de
la vocation prophétique de Muhammad.
Nous n'avons
donc pas de réponse à la question que Dieu nous autorise à
poser à tout prophète qui prétend parler au nom de Dieu : «
Où est le signe qui confirme que tu parles bien au nom de ce
Dieu Créateur ? Où est le deuxième témoin ? »
2. Prophéties
des écrits antérieurs concernant Muhammad ?
Au chapitre II de la deuxième section,
nous avons examiné le hadith ; suivant en relation avec son
témoignage rendu à la Bible. Reprenons-le dans le contexte de
sa prophétie concernant Muhammad :
-
« `Ata'b. Yasar
raconta avoir rencontré `Abdallah b. `Amr b. al-`As et lui avoir demandé de le renseigner sur
la description que la Torah donne du messager de Dieu. 11
s'exécuta en faisant serment devant Dieu que le messager
était assurément décrit dans la Torah, outre la
description donnée de lui dans le Coran (Sourate des
Coalisés, AIAhzâb 33.45) qui déclare : Ho, le prophète !
Nous t'avons envoyé comme témoin, et annonciateur et
avertisseur, et gardien du commun peuple ».
-
(Puis, enchaînant
sur la Torah-Ancien Testament) : « Tu es mon serviteur
et mon messager ; je t'ai appelé « celui qui se
confie », ni rude, ni brusque, ni bruyant dans les rues.
II ne chassera pas le mal par le mal, mais il pardonnera
; Dieu ne le reprendra pas avant qu'il ait rendu droit le
credo déformé de sorte que les gens déclareront qu'il
n'y a pas d'autres dieux que Dieu, et qu'il ouvre ainsi
les yeux des aveugles, les oreilles sourdes et les coeurs
endurcis. »
Bukhari a transmis ce hadith ; Darimi, de
son côté, fournit un récit identique en s'appuyant sur `Ata'
qui en réfère à Ibn Salam.
Le passage évoqué dans ce hadith se
trouve dans la Torah-Ancien Testament, dans le livre du prophète
Esaïe, écrit quelque 750 ans av. J.-C.
-
« Voici mon
serviteur auquel je tiens fermement,
-
Mon élu en qui mon
âme se complait.
-
J'ai mis mon Esprit
sur lui ;
-
Il révélera le
droit aux nations.
-
Il ne criera pas,
-
Il n'élèvera pas
la voix
-
Et ne la fera pas
entendre dans les rues.
-
Il ne brisera pas
le roseau broyé
-
Et il n'éteindra
pas la mèche qui faiblit ;
-
Il révélera le
droit selon la vérité...
-
Moi, l'Eternel, je
t'ai appelé pour la justice...
-
Je te protège et
je t'établis
-
Pour faire alliance
avec le peuple...
-
Pour ouvrir les
yeux des aveugles,
-
Pour faire sortir
de prison le captif
-
Et de leur cachot
les habitants des ténèbres. » (Esaïe 42.1-3, 6a,7)
Nous sommes donc en présence d'un hadith
que l'on peut considérer comme authentique car il repose sur
deux témoins. Nous possédons sa transmission par la communauté
musulmane et sa citation originale dans le livre du prophète
Esaïe. Ce sont des confirmations de ce type que l'on trouve dans
des dizaines de prophéties relatives à Jésus le Messie.
Mais cette prophétie est appliquée à
Jésus. C'est ce- que rapporte l'Evangile :
-
« Jésus
l'apprit et se retira de là. Beaucoup le suivirent, et
il guérit tous... afin que s'accomplisse la parole du
prophète Esaïe :
-
Voici mon serviteur
que j'ai choisi
-
Mon bien-aimé en
qui mon âme a pris plaisir.
-
Je mettrai mon
Esprit sur lui
-
Et il annoncera la
justice aux nations... » (Matthieu 12.15-18).
Le récit se poursuit : Jésus guérit un
démoniaque aveugle et muet (verset 22) après quoi la foule
s'interroge : N'est-ce pas là le Fils de David ? (verset 23).
C'est au lecteur d'apprécier si les
paroles d'Esaïe s'appliquent à , Muhammad ou à Jésus, mais
compte tenu de la présence des deux témoins nous avons la quasi
certitude que la conversation rapportée plus haut eut bien lieu.
Pourquoi seulement une quasi certitude et
non une certitude absolue ?
Parce qu'il existe une infime part de
risque que quelqu'un ait créé de toute pièce ce hadith pour
étayer sa doctrine. Même si cette hypothèse peu probable
était exacte, elle prouverait néanmoins que quelqu'un de la
communauté musulmane a cité Esaïe comme authentique Parole de
Dieu.
La prophétie du « Paraclet » s'applique-t-elle à Muhammad
?
Dans son ouvrage consacré à la
comparaison entre la Bible et le Coran, le Dr Bucaille analyse les
chapitres 14 à 16 de l'Evangile de Jean qui annoncent la venue
du « Paraclet ». Hormis Genèse 1 et les généalogies, aucun
autre passage de la Bible ne fait l'objet d'une étude aussi
détaillée. Le Dr Bucaille lui consacre les pages 105 à 109 de
son livre.
Dans ces quatre pages, le Dr Bucaille
affirme avoir cité tous les versets qui traitent du sujet et
adresse six critiques contre la validité de ce passage biblique.
I1 prétend notamment que certains mots ont été supprimés dans
l'Evangile, que d'autres mots, en revanche, ont été ajoutés,
que l'emploi qui est fait des mots grecs est erroné et que la
plupart des traducteurs se sont fourvoyés.
Ces attaques en règle sont habilement
menées, et dans la forme littéraire telle que le lecteur a
l'impression d'être écrasé par le savoir de l'auteur et le
poids de ses arguments. Nous allons donc examiner minutieusement
chacune de ces critiques.
Les chrétiens croient que le mot «
paraclet » ( parakletos, en grec) désigne le Saint-Esprit de
Dieu. Cet Esprit vient habiter dans toute personne qui a
confessé que Jésus-Christ est Sauveur, et l'aide à lutter
contre le péché.
Les musulmans ont suggéré que l'annonce
de la venue du Paraclet était accomplie en Muhammad. Le musulman
croit à un tel accomplissement prophétique car il est écrit,
dans la Sourate du Rang (Al Saff ) 61.6, de l'an 3 de l'Hégire :
-
« Et quand
Jésus fils de Marie dit : O Enfants d'Israël, je suis
vraiment un messager de Dieu à vous... annonciateur d'un
messager à venir après moi dont le nom sera AHMAD. Puis
celui-ci vient à eux avec des preuves, ils disent :
C'est de la magie manifeste ! »
En arabe, les noms aHMaD (plus loué) et
muHaMmaD (très loue) ont le même radical et des sens voisins. Voilà la
raison pour laquelle les musulmans affirment que ce texte est une
prophétie à peine voilée, faite par Jésus et s'accomplissant
en Muhammad.
A l'évidence, il n'existe pas dans
l'Evangile une telle prophétie. II a donc fallu poursuivre des
investigations plus poussées au cours des années. Et
aujourd'hui nombreux sont les musulmans qui affirment que la
promesse de la venue ,du paraclet, faite par Jésus en Jean 14,
s'applique précisément à Muhammad. C'est ce qui ressort d'un
article écrit par le Professeur Katkat dans Manâr AI-Islâm ; Yusuf Ali exprime la même
idée dans la note suivante, qui accompagne la Sourate 61.6 :
-
« `Ahmad' ou
`Muhammad', le Loué, sont des traductions du
mot grec periklytos. Dans l'Evangile de Jean, en 14.16,
15.26 et 16.7 le mot « Consolateur » est la traduction
du mot grec parakletos. Nos érudits soutiennent que
parakletos est une lecture corrompue de perikletos, si
bien que les paroles originales de Jésus étaient une
annonce prophétique de la venue de notre saint Prophète
du nom d'Ahmad. »
Mais il faut
savoir qu'en grec, et contrairement à l'arabe, toutes les
voyelles s'écrivent dans le texte. Par conséquent, pour changer
parakletos en periklytos, il faut altérer trois lettres
écrites.
De plus il n'existe aucune preuve
textuelle d'une telle lecture. Aucune copie de l'Evangile de
Jean, depuis la plus ancienne qui remonte à l'an 200 environ,
jusqu'aux plus récentes, ne possède le mot periklytos à la
place du mot parakletos. La photo 7 du papyrus p75, qui date de
l'an 200 ap. J.-C. montre bien que le dernier mot de cette page -
Jean 14.9-26a - est précisément le mot PARAKLETOS mentionne
dans le verset 26. Sur ce même document, on s'aperçoit que le
verset 16 a été partielement endommagé : cependant, au milieu
de la page, à la hauteur de deux flèches portées en marge, on
peut lire « PARAKL ---N ». Sur ce mot grec on distingue encore
cependant très clairement deux des voyelles controversées sur
trois (la désinence finale « ON » indique un complément
d'objet direct, exprimé par un accusatif).
Enfin, bien que le mot periklytos qui
signifie célèbre ou renomme, apparaisse dans l'Illyade et
l'Odyssée du grand poète Homère du 10° siècle av. J.-C nous
n'avons aucun texte de l'emploi de ce mot, ni d'un mot de la
même famille, dans le grec koïné, cette langue dans laquelle
ont été écrits le Nouveau Testament et la Septante grecque de
l'Ancien-Testament.
Le mot
periklytos ne repose donc sur aucune justification textuelle ou
linguistique.
Les remarques préliminaires du Dr Bucaille
En formulant ses remarques sur le
Paraclet, ou Saint-Esprit, à la fin du chapitre intitulé
Contradictions et invraisemblances des récits le Dr Bucaille
amène implicitement son lecteur à penser tout naturellement, et
avant même qu'il prenne connaissance de l'argumentation, qu'il y
a « contradiction et invraisemblance » dans ce récit.
Puis après avoir déclaré qu'un seul
auteur mentionne ce Paraclet à venir, le Dr Bucaille pose la
question : Comment se peut-il qu'un sujet « d'une importance
(si) fondamentale » soit évoqué par un seul des quatre récits
évangéliques ?
Cela le conduit à formuler deux questions
critiques et suggestives :
l. « Le texte existait-il initialement
dans les autres récits et a-t-il été supprimé ? »
Supprimé ? Qui donc a parlé de
suppression ? Sans avoir fourni la moindre preuve qui puisse
soutenir cette affirmation de la « suppression », il poursuit :
2. « Pourquoi a-t-il été supprimé ? »
C'est ainsi que sans le moindre fait qui
puisse étayer son argument, le Dr Bucaille a forgé de toute
pièce une « contradiction » et accusé les chrétiens d'avoir
supprimé une partie de l'Evangile.
Et il conclut tout naturellement :
-
« ... aucune
réponse ne peut être apportée ; le mystère reste
entier... »
Nous voilà en face d'un mystère - mais
d'un mystère échafaudé uniquement sur des paroles sans aucune
valeur, des paroles vaines. Remarquez bien que je ne dis pas : «
des paroles sans pouvoir », car elles sont tranchantes. Mais
elles sont néanmoins sans valeur car elles ne s'appuient sur
aucun fait, ni aucune preuve. Ce sont des propos comme ceux-ci
que Jésus condamne, lorsqu'il avertit ses auditeurs :
-
« Au jour du
Jugement, les hommes rendront compte de toute parole
vaine qu'ils auront proférée » (Matthieu 12.36).
Que répondre ? D'abord, que le Dr
Bucaille commet une erreur en affirmant que ce sujet «
d'importance fondamentale » n'est abordé que par un seul auteur
d'Evangile. Car, même s'il ne se sert pas du mot Paraclet, Luc
évoque la même promesse de Jésus concernant l'envoi du
Saint-Esprit et rapporte l'accomplissement de cette promesse en
Actes 1 et 2.
Ensuite, sous jacentes aux questions que
pose le Dr Bucaille, on pressent qu'il SERAIT IMPOSSIBLE AU DIEU
TOUT-PUISSANT DE GUIDER UN SEUL ECRIVAIN A RAPPORTER UN SEUL
FAIT.
Si cette affirmation était vraie, elle
serait aussi valable pour le Coran. Or tout le Coran est l'oeuvre
d'un seul auteur humain : Muhammad. En outre, de nombreux
événements - par exemple les jeunes gens qui dormirent plus de
300 ans dans une grotte - ne sont rapportés qu'une seule fois
dans le texte coranique. C'est, en particulier le cas des paroles
placées dans la bouche de Jésus et en vertu desquelles « Ahmad
» devait venir. Irons-nous pour autant jusqu'à affirmer qu'il y
a « contradiction et mystère » ? Combien de lecteurs
souscriraient à une telle logique ?
Et si cette attitude qui met en doute une
affirmation sous prétexte qu'elle n'a l'appui que d'un seul
auteur, est justifiée, pourrait-on en déduire, à l'opposé,
qu'une affirmation soutenue par deux, trois ou quatre auteurs des
Evangiles EST VRAI ? Dans ce cas, il faut noter que les quatre
évangélistes et Paul mentionnent la mort de Jésus pour nos
péchés ainsi que le tombeau vide à la suite de sa
résurrection. C'est un argument de poids.
Les versets relatifs au « Paraclet » cités par le Dr
Bucaille
Avant de poursuivre, il nous faut examiner
les versets qui mentionnent le « Paraclet ». Voici les textes
relevés par le Dr Bucaille, à la page 106 de son ouvrage : Jean
14.15-16 :
-
« Si vous m'aimez,
vous vous appliquerez à observer mes commandements ;
moi, je prierai le Père : il vous donnera un autre
Paraclet. »
Jean 14.26 :
-
« Le Paraclet,
l'Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, vous
communiquera toutes choses, et vous fera ressouvenir de
tout ce que je vous ai dit. »
Jean 15.26 :
-
« Il rendra
lui-même témoignage de moi. »
Jean 16.7-8, 13-14 :
-
« C'est votre
avantage que je m'en aille , en effet, si je ne pars pas,
le Paraclet ne viendra pas à vous ; si au contraire je
pars, je vous l'enverrai. Et lui, par sa venue il
confondra le monde en matière de péché, de justice et
de jugement...
-
Lorsque viendra
l'Esprit de Vérité, il vous fera accéder à la
vérité tout entière , car il ne parlera pas de son propre chef,
mais il dira ce qu'il entendra et il vous communiquera tout ce
qui doit venir. Il me glorifiera... »
(Les caractères gras et ceux en italique
sont ceux de l'auteur du présent livre).
Le Dr Bucaille fait suivre ces citations
de la remarque suivante :
-
A noter que les
passages non cités ici des chapitres 14 à 17 de
l'Evangile de Jean ne modifient
aucunement le sens général de ces
citations.
Invraisemblances ?
Voici les critiques qu'il formule, à la
suite des versets qu'il a cités :
-
3. Il est «
curieux » et « inconcevable » qu'on puisse prêter à
l'Esprit Saint les pouvoirs de parler
et de dire ce qu'il entend parce que dans la langue grecque,
ces mots sont impropres pour caractériser l'activité
d'un esprit.
-
4. Puisque ces mots
ne peuvent s'appliquer à un esprit, il faut admettre que
le texte a été altéré et que les mots « Saint-Esprit
» ont été ajoutés à une époque plus tardive.
-
5. Pourquoi ont-ils
été ajoutés ultérieurement ? La présence de ces mots
pourrait fort bien être « tout à fait volontaire,
destinée à modifier le sens primitif d'un passage qui,
en annonçant la venue d'un prophète après Jésus ,
était en contradiction avec l'enseignement des églises
chrétiennes naissantes , voulant que Jésus fût le
dernier des prophètes ».
-
6.La traduction du
mot « paraclet » est tout à fait erronée.
Nous allons peser ces arguments et
évaluer leur solidité.
Fiabilité du texte
En guise d'introduction à sa discussion,
le Dr Bucaille écrit : « Toute critique textuelle sérieuse
commence par la recherche des variantes. » En d'autres termes,
il cherche des preuves que les mots « Saint-Esprit » ont été
ajoutés à une date ultérieure au texte johannique. Nous avons
déjà étudié longuement la question des variantes, aussi bien
pour la Bible que pour le Coran (voir chapitre III de la
troisième section) et avons conclu que dans la quasi totalité
des cas elles apparaissent comme des erreurs de copies et
qu'elles sont décelables par la simple comparaison des
manuscrits entre eux.
A quels résultats aboutit la recherche du
Dr Bucaille ? Existe-t-il des variantes de lecture concernant
Jean 14.26 ? Oui, une seule ! Dans le Palimpseste syriaque du 4e
ou du 5e siècle, le mot « saint » est omis du texte. Il n'y a
que le mot « Esprit ». On y lit donc : « Mais le Paraclet,
l'Esprit que le Père enverra en mon nom... ».
Quelle valeur attribuer à une seule
variante, et qui apparaît dans une traduction ? Jean écrivit
son Evangile en grec. L'étude des papyrus grecs de 200 à 400
ap. J.-C. révèle qu'ils ont tous les mots « Saint-Esprit ».
Le Codex Sinaïticus et le Codex Vaticanus, datés de 350 ap.
J.-C. ne font pas état de variante. Le Codex Alexandrinus, de
450 ap. J.-C., lit aussi, « Saint-Esprit ».
La démarche du Dr Bucaille équivaut à
vouloir trouver une variante dans la traduction persane du Coran,
effectuée par un comité de savants en 345 de l'Hégire et dont
il existe aujourd'hui plusieurs manuscrits.
Quel poids accorderait-on à une telle
variante dans une traduction persane ?
Est-il raisonnable de faire dépendre une
décision doctrinale sur la base de la découverte d'une variante
singulière, tant pour le Coran que pour la Bible ?
Cette variante ne peut provenir que d'une
erreur de copie : « Le scribe a-t-il fait un simple oubli ? »
Mais il penche néanmoins pour « un oubli volontaire » :
-
« ... ou bien,
placé en face d'un texte à recopier qui prétendait
faire entendre et parler l'Esprit Saint, n'a-t-il pas
osé écrire ce qui lui paraissait être une absurdité ?
» .
La Bible et
le Coran comportent d'innombrables versets qui affirment que Dieu
parle et entend. Alors pourquoi serait-il absurde d'affirmer la
même chose de l'Esprit de Dieu ?
Les verbes
akouo (« entendre ») et laleo (« parler ») peuvent-ils
s'appliquer à un être spirituel ?
Le Dr Bucaille prétend que les mots grecs
akouo (entendre) et laleo (parler) imprimés en gras dans la
citation de Jean 16.13-14 précédente, ont une connotation
matérielle, et ne sauraient donc être employés dans le cas du
Saint-Esprit. « Les deux verbes grecs akouo et laleo, écrit-il,
définissent des actions concrètes qui ne peuvent concerner
qu'un être doué d'un organe de l'audition et d'un organe de la
parole. Par conséquent les appliquer à l'Esprit Saint n'est pas
possible. » C'est pour cette raison qu'il pense que ce passage
johannique ne peut concerner que la venue d'un autre homme ou
prophète.
Si nous consultons un dictionnaire de grec
classique, nous constatons que le Dr Bucaille a raison en ce qui
concerne l'usage dans le grec classique primitif. Dans le
Dictionnary of New Testament Theology, vol. 2, p. 172, édité
chez Colin Brown, il est dit :
-
« Akouo (depuis
Homère, 10° siècle av. J.-C.) signifie entendre, et
s'applique en premier lieu à la perception des sons par
le sens de l'ouïe. »
Jusqu'ici, c'est en parfait accord avec
l'affirmation du Dr Bucaille, mais l'article continue :
-
« Cependant
l'ouïe ne se restreint pas à la perception sensitive ;
elle englobe l'appréhension et l'acceptation par
l'esprit du contenu qui est entendu. Ceci a conduit à
différents usages linguistiques du mot, discutés plus
loin en rapport avec le mot hébreu shama, usages qui se
retrouvent aussi dans le grec profane. »
Il a donc bien un « mais », et c'est un
« mais » de taille ! Nous ne nous intéressons pas au grec
parlé en 950 av. J.-C., mais au dialecte koiné, parlé par
l'homme de la rue et le monde des affaires au premier siècle de
notre ère.
Répétons ce que nous avons souligné au
chapitre I de la première section : le sens d'un mot est
déterminé par son usage dans le contexte des phrases et des
paragraphes du temps de son emploi en tant que mot écrit. C'est
pourquoi nous nous référerons à l'Evangile-Nouveau Testament
comme à une autorité qui renseigne sur l'emploi du mot dans la
langue grecque chrétienne. Nous nous référerons aussi à la
Septante, traduction grecque de la Torah-Ancien Testament, faite
sur le texte hébreu par des Juifs vers 200 av. J.-C., comme à
une autorité qui renseigne sur l'emploi de ce mot par les Juifs.
Et pour ce qui est de l'usage islamique, nous examinerons les
mots qu'emploie le Coran lorsqu'il définit les facultés divines
de « parler » et d'« entendre ».
Autres versets néo-testamentaires où sont employés akouo
(et ses dérivés) et laleo
Y a-t-il d'autres versets de
l'Evangile-Nouveau Testament où le verbe akouo est employé pour
décrire que c'est Dieu qui écoute ? Oui, en particulier dans
les passages suivants qui se servent du mot akouo ou de ses
dérives : Jean 9.31 ; Jean 11.41-42 ; 2 Corinthiens 6.2 ; Luc
1.13 et actes 10.31. Voici, in extenso, trois de ces versets,
dans lesquels le mot français correspondant à akouo a été
imprimé en caractère italiques gras :
akouo
1. Jean 9.31 :
-
« Nous savons que
Dieu n'écoute pas les pécheurs ; mais
si quelqu'un honore Dieu et fait sa volonté, celui-là
il l'écoute. »
2. Jean 11.41-42 :
-
« ... Jésus leva
les yeux en haut et dit : Père, je te rends grâces de
ce que tu m'as exaucé. Pour moi, je savais que
tu m'exauces toujours. »
eisakouo
3. Luc 1.13 :
-
« Mais l'ange
lui dit : Sois sans crainte Zacharie ; car ta prière a
été exaucée. Ta femme Elisabeth
t'enfantera un fils, et tu l'appelleras du nom de Jean.
»
Ces exemples montrent clairement que le
mot akouo est utilisé pour des êtres spirituels, notamment Dieu
lui-même. De plus, les deux premières citations sont tirées de
l'évangile de Jean et démontrent bien l'usage qu'en faisait
Jean, l'auteur du passage relatif au Paraclet.
Laleo, rapporté à Dieu, apparaît en
Jean 9.29 ; Actes 7.6 ; Hébreux l.1 et 5.5 ; Marc 13.11 ; Actes
28.25. En voici trois exemples explicites :
1. Jean 9.29 :
-
« Nous savons que
Dieu a parlé à Moïse... »
2. Hébreux 1.1 :
-
« Après avoir
autrefois... parlé à nos pères par les
prophètes. »
3. Actes 28.25 :
-
« C'est avec
raison que le Saint Esprit parlant à vos pères par le
prophète Esaïe, a dit... »
Ce rapide survol du Nouveau Testament
suffit à établir que cinq des auteurs néotestamentaires,
notamment Jean, ont appliqué à Dieu les facultés définies par
les mots akouo et laleo.
Dieu parle et écoute : dans la Septante
La Septante est une traduction grecque de
la Torah-Ancien Testament hébraïque. Elle a été effectuée
par des savants Juifs vers 200 av. J.-C. à l'intention de
croyants juifs. Cette traduction était en usage dans les
communautés juives et dans les communautés chrétiennes du
premier siècle.
Dans la Septante, les verbes akouo et
laleo sont maintes fois employés avec Dieu comme sujet. Nous
nous contenterons de citer deux versets, en sachant que le grec
akouo correspond à l'hébreu shama et le grec laleo à l'hébreu
dabar :
l. Exode 6.2,3 :
-
« Dieu parla encore à Moïse et lui dit :
Moi, je suis l'Eternel. Je suis apparu à Abraham, à
Isaac et à Jacob comme le Dieu Tout-Puissant... »
2. Psaume 94.7,9 :
-
« Et ils disent :
L'Eternel ne voit pas, le Dieu de Jacob ne fait pas
attention... Celui qui a planté l'oreille n'entendrait-il pas ? Celui qui a
formé l'oeil ne regarderait il pas ? »
Ces versets établissent un contraste
saisissant entre les idoles, objet de railleries, qui n'entendent
(akouo) pas et ne parlent (laleo) pas et Dieu, Yahweh, l'Eternel,
qui entend (akouo) et qui parle (laleo).
Le Dr Bucaille a prétendu que ces mots
grecs ne pouvaient s'appliquer qu'à un être humain parce qu'ils
supposent des organes physiques pour exprimer des sons ou pour
les percevoir. Y a-t-il réponse plus éloquente à lui donner,
que ce verset cité plus haut :
-
« Celui qui a
planté l'oreille n'entendrait-il pas (akouo) ? »
(Psaume 94.9).
Dieu parle et écoute : dans le Coran
En abordant l'étude du Coran, nous nous
sommes rendu compte à quel point les musulmans ont à coeur de
montrer que Allah est totalement transcendant. Cependant ils lui
reconnaissent souvent les facultés de parler et d'entendre. En
voici quatre exemples :
l. Le Croyant (Al Mü'min) 40.60,
période mecquoise tardive :
-
« Et votre Seigneur dit
: Appelez-Moi, Je vous répondrai. »
2. La Vache (AI Baqara) 2.30 :
-
« Et lorsque ton Seigneur dit
aux anges... » :
Remarque : Dans ce verset, un être
spirituel (Dieu) parle à d'autres êtres spirituels (les anges).
3. Ta-Ha 20.46, de la période
mecquoise intermédiaire :
-
« Il (Dieu) dit :
Ne craignez pas, oui, Je suis avec vous deux. J'entends
et Je vois. »
4. La Famille d'Amran 3.38 :
-
« Et alors Zacharie en appela à son
Seigneur et dit : O mon Seigneur, donne-moi de Ta part,
excellente descendance. Oui Tu es celui qui entend
la prière. »
Ce dernier verset fait allusion à la
requête de Zacharie en faveur d'un fils. On trouve ce récit
également dans l'Evangile de Luc, et il est intéressant de
noter que Luc emploie le verbe eisakouo pour qualifier l'attitude
de Dieu, attitude à laquelle le Coran rend témoignage dans le
dernier verset cité. Il convient de ne pas séparer ces deux
passages.
Luc 1.13, 58 ap. J.-C. :
-
Mais l'ange lui dit
: Sois sans crainte, Zacharie ; car ta prière a été entendue. Ta femme Elisabeth t'enfantera
un fils, et tu l'appelleras du nom de Jean.
Famille d'Amram (AI `Imrân) 3.38 :
-
Et alors Zacharie
en appela à son Seigneur et dit : O mon Seigneur, donne
moi, de Ta part, excellente descendance.Oui Tu es celui
qui entend la prière.
On peut donc penser que les mots qui
entend de la Sourate 3.38 devaient être la traduction du verbe
grec eisakouo dans le récit original de Luc, écrit quelque 600
ans plus tôt.
J'ai eu récemment l'occasion de vérifier
mon hypothèse en examinant une traduction grecque du Coran. La Sourate 3.33 (qui correspond
à 3.38 du Coran en français) dit effectivement :
-
« O mon Seigneur,
donne-moi, de Ta part, excellente descendance. Oui Tu es
celui qui eisakouo (entend) la prière.»
Tout en espérant que le lecteur trouvera
ce raisonnement solide, je dois préciser qu'il ne constitue pas
une preuve absolue du lien entre le mot trouvé dans le Coran («
qui entend ») et l'original grec dans l'Evangile de Luc, car la
traduction du Coran en grec date de 1928. II ne constitue donc
pas un exemple de l'usage du mot par les chrétiens du premier
siècle, ni de l'usage de ce même mot par les musulmans du 7°
siècle.
En résumé :
l. Puisque
les mots akouo et laleo se trouvent dans d'autres passages de
l'Evangile-Nouveau Testament et ont Dieu pour sujet ;
2. Puisque
les traducteurs juifs de la Septante se sont servi des mots akouo
et laleo pour décrire les facultés de Dieu ;
3. Puisque
des faits identiques sont rapportés à la fois dans la Bible et
dans le Coran, ce dernier employant le mot sami'un pour eisakouo
;
4.
Puisqu'une traduction récente du Coran dans la langue grecque se
sert du mot eisakouo et l'applique à Dieu « qui entend »,
il est
abondamment prouvé que ces mots grecs s'appliquent bien à des
êtres spirituels et que, par conséquent, l'argument du Dr
Bucaille ne repose sur aucun fondement solide.
L'Eglise chrétienne a-t-elle enseigné que Jésus était le
dernier des prophètes ?
A cette question nous répondons par un «
Non ! » catégorique.
Le Nouveau Testament affirme même qu'il y
AURA des prophètes après Jésus. C'est ce qu'a clairement
révélé Dieu en inspirant à Paul ces paroles de la lettre aux
Ephésiens :
-
« C'est lui (le
Christ monté au ciel) qui a donné les uns comme
apôtres les autres comme prophètes... » (Ephésiens
4.11 ).
Une étude du Nouveau Testament nous fait
découvrir le nom de plusieurs personnages qui ont eu des
révélations bien longtemps après l'ascension de Jésus.
C'est 35 ans après sa rencontre avec le
Christ ressuscité que l'apôtre Pierre reçut deux révélations
pour tous les habitants de la terre et qu'il prophétisa des
événements des derniers jours.
C'est encore par une révélation que
l'apôtre Jean écrivit son Evangile à l'intention du monde
entier 50 ou 60 ans après avoir partagé quelque temps la vie
terrestre de Jésus . Ajoutons que le dernier livre de la
Bible, écrit aussi par Jean, est à la fois un avertissement et
une prophétie des événements qui se produiront lors du retour
de Jésus et du jugement dernier.
Agabus prophétisa qu'il y aurait une
famine (Actes 11.28) ; « Jude et Silas, qui étaient eux-mêmes
prophètes, exhortèrent les frères » (Actes 15.32). Tous ces
hommes ont exercé ce ministère prophétique après la venue de
Jésus.
Apocalypse 1 l.l-12 nous dévoile que deux
prophètes doivent encore venir :
-
«J'accorderai à
mes deux témoins le don de prophétiser... pendant
1260jours... afin qu'il ne tombe pas de pluie pendant les
jours de leur prophétie (comme Elie) : et ils ont le
pouvoir de changer les eaux en sang (comme Moïse). »
Il est donc évident que les premiers
chrétiens croyaient que Dieu susciterait des apôtres et des
prophètes après l'Ascension de Jésus ; et au moins deux
prophètes sont encore à venir.
En vertu de quoi les premiers chrétiens
auraient-ils pu vouloir supprimer une prophétie concernant la
venue de Muhammad ?
Ils ne pouvaient pas savoir ce qu'il
dirait ni quelle serait sa doctrine. Nous pouvons donc conclure
ce point en disant que la théorie du Dr Bucaille selon laquelle
l'église chrétienne a délibérément supprimé l'annonce
prophétique de la venue de Muhammad constitue une accusation qui
ne repose sur aucune preuve solide.
Traduction erronée du mot « Paraclet » ?
En sixième lieu, le Dr Bucaille prétend
que le mot Paraclet avait été mal traduit. C'est ce qui ressort
d'une note au bas de la page 109 :
-
« Bien des
traductions, et des commentaires, surtout anciens, des
Evangiles traduisent le mot par consolateur, ce qui est
une erreur complète » .
Une erreur de traduction est toujours
possible ; cependant, dans le cas qui nous intéresse,
l'accusation du Dr Bucaille ne vise pas un, mais de nombreux
traducteurs. Et cette accusation ne se limite pas à une seule
langue. Car le mot « Paraclet » a aussi été traduit par
mu'azzi en arabe, ce qui correspond au français « consolateur
». Se pourrait-il que tous se soient fourvoyés, à l'exception
du Dr Bucaille ?
Si on ajoute à cette accusation la
suivante, tirée du même ouvrage : « En effet, sont toujours
répandus à notre époque des traductions et commentaires de
certains passages qui peuvent donner aux scientifiques une idée
complètement fausse de la révélation coranique », on ne peut qu'être perplexe
devant cet homme qui s'estime en mesure de juger que la quasi
totalité des traducteurs et des commentateurs de la Bible et du
Coran sont dans la plus complète erreur.
Que propose le Dr Bucaille en échange ?
RIEN ! En guise de traduction il ne fait que transcrire le mot
parakletos en français « paraclet » ! Mais transcrire n'est
pas traduire.
C'est évidemment une manière de
contourner la difficulté, mais qui n'est d'aucun secours pour le
lecteur ! Combien, parmi ces derniers, connaissent le sens du mot
grec ? Très peu sans doute.
Le paraclet est celui qu'on appelle à son
secours. Le sens du mot dépend donc de la nature du secours
attendu. Il peut s'agir de l'« avocat » qui prend la défense
de quelqu'un, ou d'un « consolateur » dans un moment de
tristesse. Un dictionnaire courant définit ce mot grec de la
façon suivante :
( 1 ) intercesseur, (2) avocat, (3)
consolateur et (4) celui qui exhorte.
Il n'existe pas un mot français qui
inclurait à lui seul, tous ces sens. Nous en sommes donc
réduits à revenir au contexte.
C'est le contexte qui garantira
l'exactitude de la traduction. La plupart des traductions
anciennes comportaient le mot « consolateur » parce que dans le
contexte se trouvait l'idée « d'orphelins » (Jean 14.18).
L'orphelin, celui qui n'a ni père ni mère, a besoin de
consolation.
Dans 1 Jean 2 il est dit :« Si quelqu'un
a péché, nous avons « un paraclet » auprès du
Père, Jésus Christ le juste. » Le contexte indique
clairement ici que ce dont nous avons
besoin, ce n 'est pas d un « consolateur », mais d'un «
avocat » ou d'un « intercesseur ». Les traductions françaises
et anglaises ont donc traduit par « avocat » ou
« advocate » et la traduction arabe « intercesseur »
(shafi' ).
Si le mot « paraclet » n'apparaît que 5
fois dans le Nouveau Testament, il n'en est pas de même du mot
dérivé paraklesis (qui signifie « réconfort, consolation,
exhortation et supplication »). Sur les 29 passages où ce mot
est employé, il est traduit « consolation » à 20 reprises.
Le verbe parakaleo (« adjurer, implorer,
consoler, désirer, exhorter ») est employé 107 fois dans le
Nouveau Testament ; 24 fois il y est rendu par « consoler ».
Examinons, à titre d'exemple, le texte de
2 Corinthiens 1.3-4 :
-
« Béni soit le
Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ, le Père
compatissant et le Dieu de toute consolation ( paraklesis), lui qui nous console ( parakaleo) dans toute consolation ( paraklesis), lui qui nous console ( parakaleo) dans toutes nos afflictions,
afin que par la consolation ( paraklesis) que nous recevons
nous-mêmes de la part de Dieu, nous puissions
consoler ( parakaleo) ceux qui se trouvent
dans toute sorte d'afflictions. »
Dans ces deux seuls versets, les quatre
mentions de paraklesis ou de parakaleo sont rendus par « consolation
» ou « consoler ». N'est-il pas évident, alors, que
l'affirmation du Dr Bucaille, à savoir que le mot « consolateur
» serait une complète erreur de traduction ne repose, elle
aussi, que sur du néant ?
Le Dr Bucaille a-t-il réellement indiqué tous les versets
et rappelé les contextes entiers qui font mention du mot «
Paraclet » ?
Au début de ce chapitre nous avons cité
les versets qui mentionnent le Paraclet tels que le Dr Bucaille
les relève dans son livre.
Rappelons encore pour mémoire la note
qu'il donne à ce propos :
A noter que les passages non cités ici
des chapitres 14 à 17 de l'Evangile de Jean ne modifient
aucunement le sens général de ces citations.
Nombreux sont parmi les lecteurs ceux qui
n'ont pas immédiatement sous la main un exemplaire de
l'Evangile-Nouveau Testament. Nous allons donc reporter dans la
colonne de gauche les textes bibliques cités par le Dr Bucaille
et, dans la colonne de droite, répéter ces mêmes passages en
les complétant par d'autres versets qui parlent, eux aussi, du
paraclet. Le lecteur sera ainsi en mesure de juger par lui-même
si ces textes supplémentaires modifient ou non,
l'interprétation du passage.
|
Jean
14.15-16:
-
Si vous
m'aimez, vous vous appliquerez à observer
mes commandements; moi je
prierai le Père : il vous donnera un autre Paraclet
».
|
Jean
14.15-18 :
-
« Si vous
m'aimez, vous vous appliquerez à observer mes
commandements; moi je prierai le Père : il vous
donnera un autre
Paraclet qui soit éternellement avec vous, l'Esprit de
vérité que le monde ne peut pas recevoir, parce qu'il
ne le voit pas et ne le connaît pas ; mais vous,
vous le
connaissez, parce qu'il demeure près de vous et
qu'il sera en vous. Je ne
vous laisserai pas orphelins, je viens vers vous.
»
|
|
Jean
14.26 :
-
«Le
Paraclet, l'Esprit Saint que le Père enverra en
mon nom, vous
communiquera toutes choses et vous fera
ressouvenir de tout ce
que je vous ai dit. »
|
Jean
14.26 :
-
« Le
Paraclet, l'Esprit Saint que le Père enverra en
mon nom, vous
communiquera toutes choses et vous fera ressouvenir
de tout ce que je vous ai dit. »
|
|
Jean
15.26 :
-
« Il
rendra témoignage de moi. »
|
Jean
15.26-27 :
-
« Quand
sera venu le Paraclet que je vous enverrai de la
part du Père,
l'Esprit de vérité qui provient témoignage
de moi et vous aussi vous me rendrez témoignage, parce que
vous êtes avec moi depuis le commencement. »
|
|
Jean
16.7-8 :
-
« C'est
votre avantage que je m'en aille; en effet, si je ne
pars pas, le Paraclet ne viendra pas à vous; si au
contraire, je pars, je vous l'enverrai. Et lui,
par sa venue,
il confondra le monde en matière de péché, de justice
et de jugement... »
|
Jean 16.7-12 :
-
« C'est
votre avantage que je m'en aille; en effet, si
je ne pars pas, le
Paraclet ne viendra pas à vous ; si au
contraire, je pars, je vous
l'enverrai. Et lui, par sa venue, il confondra le
monde en matière
de péché, de justice et de jugement : de
péché, parce
qu'ils ne croient pas en moi ; de justice, parce
que je vais vers
le Père et que vous ne me verrez plus; de
jugement, parce que le prince de ce monde est
jugé. J'ai encore
beaucoup de choses à vous dire, mais vous ne
pouvez pas les comprendre maintenant. »
|
|
Jean
16.13- I4 :
-
« Lorsque
viendra l'Esprit de vérité, il vous fera accéder à
la vérité tout entière, car il ne parlera pas de son
propre chef, mais il dira ce qu'il entendra et il vous
communiquera tout ce qui doit venir. Il me
glorifiera... »
|
Jean
I 6.13-15 :
-
« Quand il
sera venu, lui, l'Esprit de vérité, il vous
conduira dans toute
la vérité. Car ses paroles ne viendront pas de
lui-même, mais il
parlera de tout ce qu'il aura entendu et vous
annoncera les choses
à venir. Lui me glorifiera, parce qu'il prendra
de ce qui est
à moi et vous l'annoncera. Tout ce que le Père
a, est à moi
; c'est pourquoi j'ai dit qu'il prendra de ce qui est
à moi, et vous l'annoncera.»
|
Le Dr Bucaille avait affirmé avoir cité
tous les versets importants sur ce sujet. « Le reste, avait-il
ajouté, ne modifie aucunement le sens général des citations
».
Pourtant, le lecteur se rend compte par
lui-même que plusieurs des huit versets omis « modifient le
sens général » des sept versets qu'il a cités.
Le Dr Bucaille a longuement développé le
fait qu'un manuscrit postérieur de 300 ans à l'original, ne comptait pas
d'adjectif « Saint » et en avait conclu que toute l'expression
« Saint Esprit », était une additive tardive. Dans son ouvrage
il anticipe ce problème en écrivant :
-
« On se rendra
parfaitement compte plus loin qu'un seul mot d'un texte
de Jean relatif au Paraclet change radicalement le sens
du passage et modifie de fond en comble sa signification
du point de vue théologique. »
Or, à la lecture des autres versets
cités plus haut, nous nous apercevons que cette affirmation est
ABSOLUMENT FAUSSE. Car toute la doctrine en question ne repose
pas uniquement sur Jean 14.26. Le Paraclet est appelé « Esprit
» - Esprit de vérité - dans trois autres versets : Jean 14.27
et 15.26 (omis par le Dr Bucaille) et dans Jean 16. 13. Par
conséquent, à quatre reprises, le Paraclet est identifié à un
« esprit
».
La citation que fait le Dr Bucaille de
Jean 14. 16 (« Moi, je prierai le Père : il vous donnera un
autre Paraclet ») est arbitrairement tronquée ! Car le texte se
poursuit par les mots : « ... qui soit éternellement avec
vous.»
Dans le passage de Jean 14.17 (omis) nous
lisons ces mots :
-
« Le monde ne 1e
voit pas (le Paraclet) et ne le connaît pas. »
Or, dans ce même verset, Jésus déclare
à ses disciples :
-
« ... il (le
Paraclet) demeure près de vous et il sera en vous. »
Jésus affirme donc que le Paraclet «
demeure près » de Pierre, de Jacques. de Jean, de Matthieu et
des autres, et « qu'il sera en » Pierre, en Jean, en Matthieu
et dans les autres « éternellement ».
Dans le passage de Jean 15.27 (omis
également par le Dr Bucaille), Jésus déclare à ses disciples
qu'ils « devront rendre témoignage » de même que le «
Paraclet rendra témoignage » de lui.
Dans le passage de Jean 16.9 (omis, lui
aussi) Jésus précise :
-
« II (le Paraclet)
convaincra le monde de... péché, parce que les hommes
ne croient pas en moi. »
Ajoutons que pour avoir une étude
exhaustive de ce sujet, le Dr Bucaille aurait aussi dû citer les
autres versets de l'Evangile de Jean qui parlent du Saint Esprit,
en particulier :
-
Jean 1.33 qui
affirme que Jésus baptisera d'Esprit Saint ;
-
Jean 7.39 qui révèle que l'Esprit
Saint sera accordé à ceux qui croiraient en Jésus.
Il eut été bon d'inclure encore la
promesse faite par Jésus à ses disciples, et rapporté par Luc
en ces mots :
-
« Il leur
recommanda de ne pas s'éloigner de Jérusalem, mais
d'attendre la promesse du Père, dont, leur dit-il, vous
avez entendu parler ; car Jean a baptisé d'eau, mais
vous, dans peu de jours, vous serez baptisés d'Esprit
Saint » (Actes 1.4-5).
Tous ces versets considérés ensemble
enseignent donc que le Paraclet, l'Esprit Saint, l'Esprit de
vérité, peut être dans les onze disciples simultanément. Ils
devaient attendre à Jérusalem que le Saint Esprit leur soit
accordé, de leur vivant. Ce Paraclet allait entreprendre une
oeuvre de conviction dans le coeur des hommes et des femmes
auxquels s'adresserait la prédication des disciples, aussi bien
en Inde où s'est probablement rendu Thomas, qu'à Rome où Paul
est allé annoncer la bonne nouvelle.
Le « Paraclet » ne peut être qu'un être spirituel
Une personne capable d'être
simultanément dans onze disciples, capable d'être
simultanément dans tous les chrétiens vivants ne peut qu'être
de nature spirituelle. Il ne peut donc s'agir de l'homme Moïse,
apparu bien avant la promesse. Il ne peut s'agir non plus de
Pierre qui a, au même titre que les autres disciples, entendu la
promesse. I1 ne peut pas s'agir, enfin de Muhammad.
En effet, Muhammad était-il avec Pierre,
à Jérusalem, à attendre la réalisation de la promesse ?
Etait-il là pour enseigner Pierre et les autres disciples « sur
toutes choses » ? Peut-on dire de Muhammad que les hommes « ne
pouvaient pas le voir » ? Ou qu'il était avec les disciples «
éternellement » comme cela est dit du Saint Esprit, le Paraclet
?
Cela n'ôte rien à Muhammad, ni à son
rôle d'« avertisseur ».
Nos conclusions montrent simplement que le
Dr Bucaille a délibérément supprimé les contextes et
déformé les citations dans le but de les faire concorder avec
ses idées personnelles.
II a porté six accusations contre le
texte biblique, l'estimant faux ; il a de plus, affirmé -
faussement - avoir cité tous les versets bibliques sur le sujet
étudié. Nous avons examiné chacune de ces accusations et les
avons trouvées sans réel fondement. Une conclusion s'impose :
les investigations du Dr Bucaille ont manifestement manqué de
sérieux et lui-même n'a pas été, dans ce domaine, à la
hauteur d'un érudit. Il en résulte que les versets qui
mentionnent le Paraclet ne peuvent pas constituer une annonce de
Muhammad.
3. Prophéties
faites par Muhammad
Nous avons vu précédemment que Dieu
avait donné une éclatante démonstration du ministère d'hommes
comme Elie et Jérémie, en accomplissant leurs prophéties
concernant des événements futurs. Dans le cas du défi lancé
par Elie, Dieu avait même fait descendre le feu du ciel en
réponse à la prière du prophète. Il nous reste à examiner si
Muhammad a prophétisé des événements futurs et si ceux-ci se
sont accomplis, fournissant ainsi une preuve de son ministère
prophétique.
l. Certains commentateurs ont émis l'idée
que le verset 45 de la Sourate de la Lune (Al-Qamar) 54, de la
période mecquoise primitive, est l'annonce prophétique de la
victoire à la bataille de Badr.
-
« Le
rassemblement sera bientôt défait, et ils tourneront le
derrière. »
Pourtant, si nous nous en référons au
contexte immédiat des versets 43 à 48, nous découvrons que le
sujet traité est celui du Jour du Jugement :
-
« Quoi ? Vos
mécréants sont-ils mieux que ceux-là (les Egyptiens
qui furent anéantis) ? Ou y a-t-il dans les registres
une quittance en votre faveur ? Ou diront ils : Nous
sommes capables, à nous tous, de nous secourir ? Le
rassemblement sera bientôt défait, et ils tourneront le
derrière. Non mais l'Heure sera leur rendez-vous.
L'Heure, cependant, est chose très terrible et très
amère. Oui, les criminels sont dans l'égarement et la
folie. Le jour où on les traînera dans le Feu sur les
visages : Goûtez du contact de l'Enfer-Sacar ! »
Ni Yusuf Ali, ni Hamidullah ne présentent
ce verset comme une prophétie, bien qu'il soit possible,
évidemment, qu'un verset ait deux sens.
2. Dans la Sourate des Dépouilles
(Al-Anfal ) 8.43, de l'an 2 de l'Hégire, il est mention d'un
rêve :
-
« Et quand,
en songe, Dieu te les avait montrés peu nombreux ! Car
s'il te les avait montrés nombreux, vous auriez
certainement fléchi, et vous vous seriez certainement
disputés dans l'affaire. Mais Dieu a sauvé. I1 sait
vraiment le contenu des poitrines. »
Ce verset, communiqué à Muhammad après
la bataille de Badr, se réfère à un songe que Muhammad avait
fait avant cette bataille. Mais les difficultés que ce verset
soulève sont plus nombreuses que les solutions qu il apporte !
Il n'affirme pas que le songe montrait la victoire. D'après ce
verset, Dieu montre aux 300 combattants musulmans qu'au lieu de
1000 soldats, l'armée ennemie en comprendra beaucoup moins.
En somme, ce verset présente un Dieu qui
se sert de la tromperie pour parvenir à ses fins, et ce, au sein
même de sa communauté de croyants. Cet aspect me pose
personnellement un réel problème. Est-ce ainsi qu'agit le Dieu
du ciel et de la terre, Tout-Puissant, lui qui est désigné
comme Dieu de Vérité et Dieu Saint ?
Or on découvre ce même mode d'action en
d'autres endroits du Coran. Dans la Sourate 19.26, Dieu ordonne
à Marie de dire qu'elle jeûne, alors qu'elle mange des dattes
et qu'elle boit. Dans la Sourate 34.12-14, Dieu maintient les
djinns au travail par une supercherie : il leur fait croire que
Salomon est toujours en vie. La Sourate 4.157 déclare que Jésus
n'est pas mort et qu'il n'a pas été crucifié, mais que Dieu a
présenté quelque chose de ressemblant.
Une telle présentation de Dieu ne
crée-t-elle pas un malaise chez le lecteur ? Comment pouvez-vous
honnêtement vous persuader que ces actions que le Coran attribue
à Allah ne sont pas des artifices mensongers ?
3. La Sourate de la Victoire (AI-Fath )
48.27 de l'an 6 de l'Hégire présente une autre vision :
-
« Dieu, très
certainement, réalisera par la vérité la vision de Son
messager : très certainement vous entrerez dans la
Sainte Mosquée, si Dieu veut (In sha'Allah ), en
sécurité, ayant rasé vos têtes et coupé les cheveux,
n'ayant point de crainte. Il sait donc ce que vous ne
savez pas. »
Muhammad avait dit à ses hommes qu'il
avait eu la vision du pèlerinage à La Mecque avant que celui-ci
n'eût lieu. Les Mecquois s'opposèrent à l'entrée de Muhammad
et de ses hommes. C'était à Hudaibiya. Mais les deux parties
conclurent un traité en vertu duquel dorénavant les musulmans
pourraient effectuer leur pèlerinage à La Mecque. Selon le
Hadith, certains musulmans étaient très troublés parce que le
songe ne s'était pas réalisé. C'est alors que ce verset fut
donné à Muhammad, lui promettant un accomplissement futur.
C'est au lecteur qu'il appartient
d'apprécier la valeur de ce verset, en tenant compte cependant
qu'il ne fournit aucun détail sur la vision originale. Mais la
difficulté se trouve ailleurs, et elle est de taille. Comment
expliquer la présence de cette réserve « si Dieu le veut » au
beau milieu d'une parole prophétique sortie de la bouche même
de Dieu ?
Si Dieu a « réalisé la vision de Son
messager » et dit « vous entrerez », comment peut-il encore
dicter à son messager ces mots au caractère restrictif « Si
Dieu veut » ? Il est Dieu, et par conséquent, il sait ce qu'il
veut. Nous sommes au coeur de la vraie définition d'une
prophétie : ELLE SE REALISERA CERTAINEMENT.
4. I1 n'y a finalement qu'un cas où une
prophétie a été clairement accomplie. On la trouve dans la
Sourate des Byzantins (AI-Rüm) 30.1-4, de la période mecquoise
intermédiaire :
-
« Les Romains ont
été vaincus dans le pays voisin ; mais après leur
défaite, ils seront vainqueurs dans moins de dix ans, -
à Dieu le commandement, avant comme après ! - et ce
jour-là les croyants se réjouiront. »
D'après les commentateurs, ce verset a
été donné à Muhammad en 615 ou 616 ap. J.-C., au moment où
les Perses menaçaient de s'emparer de Constantinople. Huit
années plus tard, en 624 ap. J.-C., le vent de l'Histoire avait
tourné et les Romains faisaient leur entrée en Perse. En
Histoire, l'expérience est là pour indiquer qu'il n'est pas
rare qu'une nation qui a perdu une bataille se ressaisisse et
inflige à son précédent vainqueur une défaite cuisante. La
prophétie avait donc une chance sur 4 ou une sur 5 de se
réaliser. Qu'elle se soit littéralement accomplie ne fait de
doute pour personne.
Il existe dans le monde musulman bien
d'autres récits - tant dans le Hadith que dans les contes
populaires - qui font état de faits miraculeux. Nous nous sommes
limités à ceux qui avaient un support, à notre connaissance,
dans le Coran.
Il nous reste à examiner une tentative
récente pour démontrer le caractère miraculeux du Coran par
l'arrangement mathématique de ses mots et de ses lettres.
5. Le nombre 19 : un miracle numérique ?
Cet effort récent déployé pour trouver
un second témoin en faveur du Coran est particulièrement mis en
évidence dans la monographie de Rashad Khalifa, intitulée
Computer manifested Miracles in the Holy Qur'an. L'introduction
révèle clairement et ouvertement la nécessité de deux
témoins. Nous y lisons, en effet :
-
« Durant
toutes les époques, le Dieu Tout-Puissant a envoyé à
l'humanité une longue lignée de messagers pour la
guider et lui apporter les écritures sacrées. Ces
messagers avaient invariablement l'appui des miracles
divins qui prouvaient aux croyants qu'ils étaient bien
envoyés par Dieu. C'est ainsi que Moïse (que la paix
soit sur lui !) alla trouver Pharaon avec la possibilité
de transformer son bâton en serpent. Jésus... aussi eut
le témoignage des miracles, lui qui fit revivre des
morts et redonna la vue à des aveugles sans espoir de
guérison. »
Le Dr Khalifa poursuit en soulignant que
ces miracles étaient limités dans le temps et dans l'espace au
point que seuls ceux qui étaient présents pouvaient les
constater.
Il pense avoir trouvé un autre type de
miracle grâce à l'ordinateur qui met en lumière la valeur
numérique des mots. Voici en quels termes il explique de quoi il
s'agit :
-
« La clé du
miracle perpétuel accompli par Muhammad se trouve dans
le premier verset du Coran : « AU NOM DE DIEU LE TRES
MISERICORDIEUX, LE TOUT MISERICORDIEUX », BiSM ALLaH,
AL-RaHMaN, AL-RaHIM .
Le nombre total de lettres (capitales) de
ce premier verset coranique est de 19 .. C'est une constatation purement
physique. On a aussi constaté que chaque mot de ce verset fait,
dans le Coran, l'objet d'un nombre de citations multiple de 19.
Ainsi le premier mot 'ISM se trouve 19 fois mentionné dans le
Coran, le second mot, ALLaH y figure 2698 fois, soit 142 x 19, le
troisième mot, AL-RaHMaN apparaît 57 fois, soit 3 x 19, et le
dernier mot AL-RaHIM 114 fois, c'est-à-dire 6 x 19. »
Note : Placée devant le Ra, la
lettre L de l'article AL se lit R : AR-RaHMaN. La discussion qui
suit portant sur des lettres, nous avons laissé le L qui
s'écrit !
Le Dr Khalifa affirme alors : « Cette
investigation confiée à l'ordinateur, du message final de Dieu,
ne fait intervenir que des faits strictement physiques : ni
devinette, ni interprétation humaine subjective, ni hypothèse
n'ont leur place dans cette approche » ce qui signifie, en
d'autres mots : absence de tout présupposé. L'auteur mentionne
encore bien d'autres exemples de ce type, relevés dans le Coran
, mais nous n'allons nous intéresser de près qu'au premier
exemple donné.
Quoi qu'en dise le Dr Khalifa à propos
d'hypothèse humaine non-nécessaire, il faut quand même
reconnaître que sa première affirmation relative aux 19 lettres
du premier verset coranique repose pourtant bien sur un
présupposé ! Si nous transcrivons en français ce verset arabe,
en éliminant les voyelles non écrites, bien que prononcées,
nous obtenons : BSM ALLH ALRHMN ALRHIM. Il y a effectivement
19lettres. Mais il existe dans la grammaire arabe un petit signe,
le shadda qui indique que la lettre placée sous le signe doit
être doublée. Or ALLah ou ALLH possède un shadda sur le
deuxième L et un aleph de prolongation. Le mot devrait donc
s'écrire ALLLAH. Nous aurions alors un total de 21 lettres.
Dans son argumentation, le Dr Khalifa n'a
pas expliqué comment il fonde sa décision d'exclure le
doublement du deuxième L et l'aleph de prolongation, ni comment
il a choisi de ne pas compter les voyelles.
Le mot BISM pose aussi problème. Ce mot
résulte de la contraction de deux mots : la préposition Bi ,
traduite dans ce cas par « dans », et le mot ISM , qui signifie
« nom ». Si nous nous reportons au mot ISM dans la concordance
arabe, recommandée par le Dr Khalifa et intitulée Index des
mots du Glorieux Coran de Abdul-Baqi , nous découvrons avec
étonnement l'indication suivante :
BiSM le mot qui apparaît dans le premier
verset du Coran et qui fait l'objet de notre attention, ne se
trouve que trois fois, dans les Sourates l.l, 11.41 et 27.30.
ISM, la deuxième partie du nom composé figure « dix-neuf fois
».
Mais il existe encore une troisième
écriture, ISMuHu qui signifie « son nom » écrit comme un seul
mot en arabe et qui revient cinq fois.
En clair, nous avons 3 +19 +1+ 5 = 27
mentions du mot en question, et ce total ne se divise pas par 19
!
Toujours à propos de ce mot, nous nous
trouvons, quoi qu'en dise le Dr Khalifa, en présence de
présupposés qu'il ne justifie pas. En vertu de quoi ignore-t-il
les trois citations du mot BiSM, ce mot dont précisément il
analyse la fréquence d'emploi ?
En vertu de quoi ne tient-il compte que du
mot ISM et élimine-t-il le mot composé associé à l'adjectif
possessif (un seul mot ensemble ISMuHu) ?
L'explication résiderait-il dans le sens
des mots conservés pour cet inventaire statistique ?
On pourrait imaginer que le Dr Khadifa ait
décidé de prendre en considération que les versets qui parlent
de Dieu seulement. Nous nous apercevons rapidement que ce n'est
pas le cas. En effet, les versets suivants nous fixent à ce
sujet :
Sourate du Plateau servi (Al- Ma'ida)
5.5 :
-
« ... prononcez
dessus le nom de Dieu (ISM Allâh )... »
Sourate de la Vache (A1-Baqara) 2.114 :
-
« Et quel pire
prévaricateur que celui qui empêche qu'aux mosquées de
Dieu on mentionne Son nom (ISMuHu) ? »
En arabe, il n'y a pas de différence
entre ces mots, sinon que « le nom de Dieu » est
grammaticalement un complément d'objet direct et que « Son nom
» est un sujet. L'auteur de la concordance a donc arbitrairement
séparé les deux mots au vu de leur forme écrite.
De plus, en vertu de quoi les 12
références où le mot apparaît au pluriel, sont elles
éliminées du décompte ? A titre d'exemple, évoquons la
Sourate de Al-A`râf 7.180 :
-
« A Dieu
appartiennent les noms les plus beaux... »
La réponse apparente à toutes ces
interrogations consiste à dire que si on prenait en compte les
différentes formes du mot et leur nombre (singulier et pluriel)
on arriverait à un total de 39... et 39 n'est pas divisible par
19 !
Mais revenons encore sur le nom ALLAH.
Quand le nom est précédé de la préposition Li qui signifie «
à » dans les expressions « à Dieu », il est contracté avec
cette préposition et prend la forme LiLLAH avec le shadda (la !
Sourate 2.22 en fournit un exemple). Du point de vue grammaticale
on est ramené au cas de BiSM discuté plus haut. Mais cette
fois, et contrairement au cas de BiSM, le Dr Khalifa a inclus
cette forme contractée LiLLAH dans le nombre total 2698
citations du nom ALLAH... sans doute parce qu'ainsi il obtenait
un multiple de 19 ! Pourquoi deux poids et deux mesures ?
On peut donc reprocher au Dr Khalifa de
n'avoir pas adopté les mêmes critères d'appréciation en face
des mots BiSM et LiLLAH. Si, à juste titre, il a compté la
forme LiLLAH dans son inventaire du mot ALLAH et obtient ainsi un
total divisible par 19, il aurait fallu inclure BiSM dans le
décompte des références à ISM et accepter honnêtement que le
total ne soit pas divisible par 19.
Pour ce qui est du mot AR-RaHMaN, nous
n'avons aucune objection à formuler. Ce mot revient bien à 57
reprises, comme l'affirme l'auteur.
Finalement, venons-en au mot AR-RaHIM. Le
Dr Khalifa affirme qu'il est cité 114 fois (soit 6 x 19).
Pourtant, d'après la concordance de Abdul-Baqi, ce mot
n'apparaît que 34 fois dans sa forme exacte et avec l'article
défini. On le trouve encore 81 fois sans article défini, soit
un total de 1 15 citations auxquelles il convient d'ajouter une
référence du même mot au pluriel, soit 116 mentions dans le
Coran. Or, ni 115 ni 116 ne sont divisibles par 19.
Beaucoup de gens se réfèrent aux «
découvertes » du Dr Khalifa. Le Dr Bechir Torki consacre plus
de quatre pages à résumer cette étude. Et pourtant les quatre
présupposés suivants y sont introduits sans la moindre
explication :
Le Dr Khalifa a décidé d'ignorer la
règle du doublement du L dans le mot ALLaH et de ne pas compter
les voyelles non écrites ;
Il a décidé d'omettre BiSM de son étude
du mot ISM, bien qu'il ait adopté l'attitude inverse dans
l'étude du mot ALLAH auquel il ajoute la forme LiLLAH ;
Il a décidé d'omettre ISMuHu de son
décompte alors que cette forme est grammaticalement identique à
celle de ISM ;
I1 a décidé d'omettre les formes
plurielles de ISM et de AR-RaHIM. Et, de plus, il semble avoir
commis une erreur de calcul dans le décompte des références du
mot AR-RaHIM.
Si les découvertes du Dr Khalifa doivent
constituer un second témoin un miracle en faveur du Coran, alors
il faudrait que l'argumentation de l'auteur soit plus
convaincante pour tous. Le Dr Khalifa fournira peut-être dans un
proche avenir des explications sur la méthode employée pour
parvenir à ses résultats, mais en attendant, nous pouvons
considérer qu'il n'a pas apporté la preuve de son affirmation.
Conclusion
Nous nous
sommes penchés sur tous les passages coraniques qui faisaient,
ou pouvaient faire, allusion à des miracles ou à de la
prophétie. Il appartient maintenant au lecteur de juger en son
âme et conscience s'il a trouvé, de manière satisfaisante, le
second témoin.
Dans
le chapitre suivant, nous allons nous intéresser à
quelques-unes des prophéties de la Torah-Ancien Testament
relatives à Jésus le Messie, pour voir si, en les
accomplissant, Dieu a fourni le second témoin au ministère
prophétique de Jésus.
Ce passage a été soigneusement
analysé au chapitre I de la première section.[retourner au texte]
Dans un dictionnaire arabe, les
deux noms figureraient sous les lettres H M D. [retourner au texte]
Katkat, op. cit., p. 59.[retourner au texte]
Yusuf Ali, op. cit., p. 1540.[retourner au texte]
Sourate mecquoise de la Grotte (Al-Kahf )
18.9-26.[retourner au texte]
Bucaille, La Bible, le Coran et
la Science, p. 109.[retourner au texte]
Hamidullah, Le Coran, op. cit.,
p. xxxvi.[retourner au texte]
Bucaille, La Bible. le Coran et
la Science, p. 108.[retourner au texte]
TO KORANION, traduction grecque
par G.I. Pentakh ; imprimé en Grèce en 1928.[retourner au texte]
1et 2 Pierre.[retourner au texte]
Evangile de Jean et
Apocalypse.[retourner au texte]
Bucaille, La Bible. le Coran et
la Science, p. 109.[retourner au texte]
Ibid. , p. 200.[retourner au texte]
Bucaille, La Bible, le Coran et
la Science, p. 107.[retourner au texte]
Ibid. , p. 86.[retourner au texte]
Monographie, page 1. Récemment augmentée
et publiée sous le titre The Computer speaks Gods Message
to the World, Renaissance Productions International, Tucson.[retourner au texte]
En arabe, de nombreuses voyelles
ne s'écrivent pas (voir page 138 du chapitre III de la
troisième section). Pour rendre la discussion accessible à ceux
qui ne connaissent pas l'arabe, j'ai représenté par des lettres
majuscules les lettres arabes écrites et par des minuscules les
lettres prononcées mais non écrites. La situation est, en fait,
plus complexe. En effet, quand le nom ISM se trouve seul, le I
est considéré comme une lettre écrite ; quand le même nom est
contracté avec la préposition B qui le précède, le I
disparait?t, le mot s'écrit BSM.[retourner au texte]
Ibid , p. 3.[retourner au texte]
Publié par Dar Ihiaa Al-Turath
AI-'Araby, Beyrouth, Liban, 1945, pp. 361-362.[retourner au texte]
Torki, op. cit., pp.
92-96.[retourner au texte]
|