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A LA RECHERCHE D'UNE CERTITUDE
K.K.ALAVI
Voici mon histoire; ce n'est pas seulement la mienne, c'est aussi celle
de la bonté de Dieu envers moi: combien il m'a aimé, et comment
il m'a révélé son salut. Laissez-moi vous la raconter.
MON ENFANCE
Je suis né le vendredi, 15 juillet 1951, dans la famille d'un
"mulla" (chef religieux musulman), dans le petit village de Cherukunnu,
à 5 milles (7,5 km) de Malappuram, Kerala, aux Indes du Sud. Ma
famille était respectée de toute la communauté pour
l'intégrité de sa vie, sa piété et sa stricte
observance des cérémonies et des rites religieux. L'une des
activités essentielles de mon père était d'enseigner
la lecture du Coran en arabe à nos voisins musulmans, et d'instruire
notre propre famille.
Je me revois assis sur les genoux de mon père, après la
prière du soir: je l'écoutais réciter le Coran et
me l'enseigner. L'activité quotidienne de la famille commençait
de grand matin avec la prière et la récitation du Coran;
les devoirs de la journée se terminaient avec d'autres récitations
coraniques et la prière. La discipline stricte de nos parents dans
ce domaine imprégnait aussi l'atmosphère de notre maison.
A l'âge de 5 ans, on m'envoya à la plus proche "madrasa"
(école religieuse musulmane) pour y apprendre l'arabe, étudier
la doctrine islamique et le Coran, et y recevoir l'éducation habituelle.
Après y être resté durant cinq années, on m'envoya
dans une école primaire à Kottakal, à 2 milles (3
km) de la maison; où j'ai passé un an et demi. Toutefois,
je n'ai pu achever ma scolarité; en voici les raisons.
UNE JOURNEE MOUVEMENTEE
Un samedi, jour de marché à Kottakal, alors que mes amis
et moi-même revenions à la maison après l'école,
nous vîmes une grande foule rassemhlée à la porte du
marché. Cette foule était attirée par des chrétiens
qui prêchaient leur foi. Ils racontaient des épisodes de la
vie de Jésus. en utilisant un tableau de feutre et des figurines;
ils distribuaient également de la littérature chrétienne.
Au début nous avons ri, et nous nous sommes moqués de ces
chrétiens; mais quand ils ont commencé à vendre leurs
livres, nous avons, nous aussi, acheté deux brochures. La mienne
s'intitulait "Le coeur de Pak", celle de mon ami "Le chemin
du salut". Sur le chemin du retour et tout en parlant de ces livres
et des chrétiens, mon ami déchira son exemplaire en morceaux.
Pour ma part, j'ai conservé ma brochure malgré le mépris
que j'avais pour les chrétiens, que nous, musulmans, appelons "Nassara".
Arrivé à la maison, je pris "Le coeur de Pak"
et je commençai à le lire dans un endroit tranquille. Il
racontait une conversation intéressante entre un chrétien
et un jeune homme; c'était une belle histoire. Mais, pendant que
je lisais, je me demandai si le Jésus de cette brochure était
le même "Issa" que celui que nous, musulmans, considérons
comme un prophète, ou s'il s'agissait de quelqu'un d'autre. Le Jésus
de cette brochure était différent, me semblait-il, de celui
(Issa) du Coran et de la foi islamique, car Jésus y était
présenté comme capable de pardonner les péchés.
Et c'est justement ce pardon, rendant le garçon de l'histoire meilleur,
qui augmentait mon amour pour Jésus.
Quand le récit mettait l'accent sur la triste condition sprirituelle
du coeur de ce jeune, il me semblait que Christ s'adressait également
à moi. En fait, je constatai que mon coeur était dans un
état pire que celui de ce jeune homme, et je me demandai comment
je pourrais être guéri de cette maladie spirituelle. Sans
doute la brochure offrait-elle le remède, mais je le rejetai, parce
que ma foi islamique n'admettait pas que le prophète "Issa"
(Jésus) puisse pardonner les péchés; Dieu seul le
pouvait.
Cependant, il m'était impossible de me dégager de la force
de l'argumentation de cette brochure. Elle avait éveillé
en moi l'inconfortable réalité de mon état de péché.
Quel serait, dans ces conditions, mon sort au moment de la mort et au Jour
du Jugement, auxquels personne ne peut échapper? Je décidai
d'en apprendre davantage sur Jésus au moyen d'un cours par correspondance
qui m'était proposé dans la brochure.
ETUDES ULTERIEURES
Le cours me fut rapidement envoyé; mais malheureusement, le facteur
le donna à mon oncle pour qu'il me le remette. Ce dernier l'ayant
ouvert, y découvrit son contenu chrétien. Le lendemain, il
le montra à mon père et à mes autres oncles. Ils décidèrent
de mettre un terme à cette étude avant même qu'elle
n'ai commencé.
Le même soir, lorsque je revins de l'école mon père
m'attacha à un pilier de la véranda de notre maison et se
mit à me battre avec un bâton jusqu'à ce que je fus
effondré. Le lendemain matin, il m'appela pour me parler avec amour.
Il me dit: "Nous, Musulmans, nous ne devons pas lire ce genre de livres.
Ils sont 'haram' (interdits), en particulier les livres des chrétiens.
Ces livres sont si attrayants que nous deviendrions chrétiens si
nous les lisions. Qu'arriverait-il alors à notre famille? Cela affecterait
notre vie entière. Notre communauté nous rejetterait et ce
serait une malédiction sur l'Islam." Je promis à mon
père de ne plus jamais lire ces livres.
Je déchirai alors la brochure et je la brûlai, me maudissant
moi-même de ne pas l'avoir fait plus tôt et de ne pas avoir
suivi l'exemple de mon ami. A partir de ce moment-là, je fus très
zélé dans l'accomplissement de mes devoirs religieux. Je
me souviens encore combien les prières habituelles de chaque jour
et même celles qu'on y ajoutait parfois, me réjouissaient.
Cependant, au fur et à mesure que les jours passaient, chaque fois
que je me souvenais de cette brochure et que je réfléchissais
à l'état de mon coeur, mon esprit n'était pas en paix.
Comment pouvais-je oublier le nom de "Issa" (Jésus),
alors même que je le retrouvais souvent, lorsque je récitais
le Coran tout au long des prières de la journée ? Cela m'encouragea
à faire une étude sur "Issa" (Jésus) dans
le Coran et dans d'autres livres musulmans, tels que le "Qissas Al-Anbiyaa"
(Histoires des Prophètes). Malgré ma connaissance limitée
de l'arabe, je persévérais dans cette tâche avec l'aide
de Yusuf Mawlawi, professeur musulman dans une école arabe, ami
très proche de ma famille et qui était notre voisin. Je découvris
que "Issa" (Jésus) occupait une place importante aussi
bien dans le Coran que dans "Al-Hadith" (la tradition musulmane);
et notamment, me semblait-il, il occupait une place plus importante que
le prophète Muhammad, dans le Coran. Bientôt, notre ami Mawlawi
autant que ma famille, pris de soupçons devant mon désir
d'en savoir plus au sujet de "Issa" (Jésus) me suggérèrent
gentiment de me concentrer davantage sur Muhammad. Là encore, les
passages coraniques qui se référaient à "Issa"
(Jésus), à sa naissance unique et à ses actions merveilleuses,
continuaient à m'étonner.
Les anges dirent: "O Marie! Allah t'annonce la bonne nouvelle d'un
verbe émanant de lui dont le nom est le Messie, Issa, fils de Marie;
qui sera illustre en ce monde et dans la vie future; il est au nombre de
ceux qui sont proches d'Allah. Dès le berceau, il parlera aux hommes
comme un vieillard; il sera au nombre des justes."
Marie répondit: "Mon Seigneur! Comment aurais-je un fils,
nul homme (mortel) ne m'a jamais touchée?" - "Ainsi",
répondit-il (Sic): "Allah crée ce qu'il veut. Quand
il décrète une affaire, il dit seulement à son propos:
"Sois!", et elle est." Allah lui enseignera le Livre, la
Sagesse, la Thora et l'Evangile; et le voilà prophète, envoyé
aux fils d'Israël, disant: "Je viens à vous avec un signe
de votre Seigneur. Je vous crée d'argile, comme une forme d'oiseau.
J'y insuffle la vie, et il est: "oiseau", - avec la permission
d'Allah." - Je guéris le muet et le lépreux; je ressuscite
les morts - avec la permission d'Allah. Je vous aviserai de ce que vous
mangez et de ce que vous amassez dans vos demeures. En vérité,
en cela, est certes un signe pour vous, si vous êtes croyants. Je
vous suis envoyé déclarant véridique ce qui a été
donné avant moi, de la Thora, afin de déclarer pour vous
licite une partie de ce qui avait été pour vous déclaré
illicite. Je suis venu à vous avec un signe de votre Seigneur. Soyez
pieux envers Allah et obéissez-moi! (Sourate Al-Imrân - La
Famille d'Imrân 3,45-50).
Je remarquais également que le Coran se référait
spécialement au "Tawrat" (Ancien Testament) et à
"l'Injil" (Injil peut signifier Evangile ou Nouveau Testament),
exhortant les hommes à croire en eux parce qu'ils sont "une
Direction et une Lumière" (Sourate Al-Ma'ida - La Table Servie
5,46). Un autre verset en particulier revenait souvent à mon esprit:
"Si tu es dans un doute au sujet de notre Révélation,
interroge ceux qui ont lu le Livre avant toi; certes, la vérité
est venue à toi, de ton Seigneur! Ne sois donc pas parmi les sceptiques!"
(Sourate Younas - Jonas 10,94).
Lorsque je lisais ce verset, je me rappelais les chrétiens et
de la brochure. Selon l'Islam, les chrétiens sont aussi "Ahl
Al-kitab" (les chrétiens et les juifs qui croient à
la Bible). Si le Coran encourageait Muhammad à partager ses doutes
avec des chrétiens, comment moi-même n'y aurais-je pas été
incité? Cependant, je sentais qu'il était difficile de m'approcher
des chrétiens avec lesquels j'avais si peu de contacts. Ma famille
aurait difficilement approuvé!
A Malappuram se trouve un hôpital missionnaire chrétien.
Un jour, mon ami Abdullah et moi-même décidâmes d'y
aller en cachette. A notre arrivée, le pharmacien de l'hôpital,
Monsieur Kunyukunya, nous dirigea gentiment vers le missionnaire. Nous
étions jeunes et inquiets et nous ne savions pas ce qui allait se
passer. Mais le missionnaire nous accueillit amicalement et nous mit à
l'aise.
Après quelques minutes de conversation, le missionnaire suggéra
que nous assistions aux leçons de l'école du dimanche; et
c'est ainsi qu'il nous conduisit à la salle de lecture chrétienne.
Là, nous rencontrâmes le responsable, Monsieur C. R. George.
Plus tard, il devint un ami très proche et un vrai frère
qui m'aida dans différents problèmes. Je fus inscrit à
un cours par correspondance sur "l'Injil" de Jésus-Christ
(Evangile de Jean). Nous assistions tous les deux à l'école
du dimanche pendant quelques semaines, à l'insu de nos parents.
Parfois, très aimablement, George nous payait le billet de car pour
revenir chez nous; d'autres fois, nous faisions à pied les 5 milles
(env. 7,5 km). Un jour, quelques-uns de nos voisins nous aperçurent.
Quand ils eurent questionné et battu Abdullah, il leur révéla
finalement notre activité secrète.
Le lendemain soir de retour de l'école, j'aperçus ma mère
et ma petite soeur qui pleuraient. Elles savaient que mon père avait
déjà préparé quelque chose pour moi. Comme
j'entrai dans la maison, mon père apparut brusquement, en criant.
Il m'attrapa, m'attacha, me coucha près d'un mur pour me battre
et me frotter le visage et les yeux avec du piment vert moulu, me demandant
sans arrêt pourquoi je lisais de la littérature chrétienne
et m'associais avec des chrétiens. Ma mère s'était
évanouie. Un peu plus tard, avec l'aide d'une voisine et de ma belle-soeur
qui avaient pitié de moi, je fus conduit au réservoir d'eau
et lavé.
Le matin suivant, mon père m'appela et me demanda de répéter
la confession de foi musulmane: "Il n'y a pas d'autre Dieu que Allah
et Muhammad est son Prophète." Ensuite, il me mit en garde
contre le Christianisme: son enseignement faux concernant Jésus-Christ,
le Saint Evangile qui a été altéré, la vie
mauvaise des chrétiens. Il demanda à ma belle-soeur de brûler
mes livres chrétiens, ce qu'elle fit. Tout ceci m'affecta et je
pleurai amèrement. Je n'avais pas la paix de l'esprit car la possibilité
d'en apprendre plus sur Jésus, par "l'Injil" (Evangile)
et mes amis chrétiens, m'avait été supprimée.
En retournant à l'endroit où on avait brûlé
"Le coeur de Pak", je regrettai amèrement la destruction
de cette brochure, et, repensant à la conversation qu'elle rapportait,
j'éprouvai la même tension: la joyeuse expérience du
pardon de ce jeune et le lourd fardeau du péché qui était
dans mon coeur. Etant musulman, j'avais appris que chacun était
personnellement responsable de ses péchés, et que personne
ne pouvait-porter le fardeau d'un autre (Sourate Al-An'am Troupeaux 6,164)
. Comment alors Jésus peut-il pardonner à quiconque le lui
demande? Néanmoins, je priais Dieu pour être guidé
dans l'avenir.
La conscience de mon propre péché ne me quittait jamais;
elle rongeait mon coeur continuellement. Au bout de deux semaines, j'éprouvai
un très vif désir de revoir mes amis chrétiens avec
qui j'aurais pu partager mes difficultés et mes doutes. Le missionnaire
m'encouragea alors en répondant à mes questions sur les croyances
et les pratiques chrétiennes. La majorité de ses réponses
me satisfaisaient parce qu'il connaissait le Coran et la foi musulmane.
Je revins à la maison avec un exemplaire du Nouveau Testament
(Injil) que mon ami, Monsieur George m'avait offert. Bien que très
heureux d'être en possession de cet exemplaire, j'avais peur qu'un
membre de ma famille ne le trouve. Aussi l'ai-je mis dans un sac en plastique,
et caché sous une pierre dans la forêt. J'allais souvent dans
cette forêt pour le lire, en particulier "l'Injil" (Evangile)
de Jésus-Christ selon Jean. Un verset, parole de Jésus, me
donnait quelque consolation:
"Que votre coeur ne se trouble point. Croyez en Dieu, et croyez
aussi en moi". (Jean 14,1)
L'expression "croyez aussi en moi" m'avait impressionné
à ce moment-là. Au milieu de mon anxiété, ce
verset réconfortait mon coeur troublé.
Le dimanche suivant en allant à l'école du dimanche, je
remarquai que mon oncle était dans le même autobus que moi.
Je tremblai à la pensée de ce que mon père m'aurait
fait si mon oncle le lui avait rapporté. Néanmoins, j'assistai
à l'école du dimanche et je passai un moment avec le missionnaire.
Avant de rencontrer mes nouveaux amis chrétiens, j'avais été
fortement mis en garde contre les chrétiens à cause de leur
soit-disant manque de dignité. Aussi surveillais-je attentivement
le caractère du missionnaire, sa façon de vivre et son attitude
envers les musulmans, et je découvrais ainsi que les accusations
portées contre les chrétiens ne s'appliquaient certainement
pas à lui. Ceci me donna à réfléchir. Son amour
était-il plus grand que celui des musulmans? Jésus, le Messie,
avait-il fait plus pour lui que mon prophète n'avait fait pour moi?
J'étais perplexe parce que j'avais la conviction qu'à part
les musulmans, tous les autres hommes - y compris les "nassara"
(chrétiens) qui croient en Dieu et au Messie - étaient des
"kuffar" (incroyants ou impies), rejetés par Dieu, ainsi
que le dit le Coran:
Oui, ceux qui disent: "Allah est le Messie, fils de Marie,"
sont impies. Or le Messie a dit: "O fils d'Israël! Adorez Allah,
mon Seigneur et votre Seigneur." Allah interdit le Paradis à
quiconque attribue des associés à Allah. Sa demeure sera
le feu. Il n'existe pas de défenseurs pour les injustes. Oui, ceux
qui disent: "Allah est, en vérité, le troisième
de trois" sont impies. Il n'y a d'Allah qu'un Allah unique. S'ils
ne renoncent pas à ce qu'ils disent, un terrible châtiment
atteindra ceux d'entre eux qui sont incrédules. (Sourate AI-Ma'ida
- La Table Servie 5,7273).
Je me souvins également que j'avais pensé qu'en tant que
membre de la communauté musulmane et soumis à Dieu, j'étais
plus saint que les chrétiens. Mais la conscience de mon propre péché
augmentant, je compris que c'était le missionnaire qui était
réellement soumis à Dieu, car son caractère en apportait
la preuve. Je pouvais dire que son amour venait de Jésus Christ,
exactement comme l'expliquait "Le coeur de Pak". Semblable à
un aimant, l'amour de Jésus m'attirait. Je pensais: si Jésus
était mon maître, de quel amour je l'aimerais! Cependant,
lorsque l'idée de devenir chrétien traversait mon esprit
je la rejetais comme une pensée mauvaise inspirée par Satan,
parce que j'étais musulman.
Je revins de Malappuram très inquiet. J'étais prêt
à accepter tout ce que me ferait mon père, mais pendant deux
jours, il ne se passa rien. Le troisième jour, après l'école,
mon père me saisit et me jeta dans un buisson; avec un bâton,
il m'administra une sévère correction qui faillit être
mortelle; ma mère aussi fut battue lorsqu'elle vint pour me secourir.
C'est par la grâce de Dieu seule que j'ai pu récupérer.
A nouveau, je confessai la profession de foi musulmane et promis à
mon père que je n'aurais plus de contacts avec des chrétiens.
Avais-je fait cette confession uniquement pour éviter de futurs
châtiments?
Comme mon ami Abdullah avait raconté tout cela dans tout le voisinage,
ma vie fut remplie de tristesse. Les gens se moquaient de moi, m'injuriaient
et me lançaient même des pierres. Sur le chemin du retour
de l'école, ils disaient: "Voilà le maudit," et
"Voici venir Mathai, le "Nasrani" (Chrétien)!"
Même la parenté, les amis et les professeurs me traitaient
avec cruauté; j'étais perplexe et triste, solitaire et troublé.
Pendant tout ce temps-là, le Saint Evangile (Injil) était
mon fidèle compagnon. J'avais pris l'habitude d'aller en forêt
pour le lire et l'étudier chaque fois que je le pouvais.
A nouveau, la vieille tension revenait en mon coeur, alors que je lisais
l'Evangile (Injil) en secret. Sur certains points essentiels, son contenu
différait nettement de mes croyances islamiques. Combien ces paroles
de Jésus rendaient perplexe le musulman que j'étais, et combien
elles m'interpellaient:
" Je suis le ch emin, la vérité et la vie. Nul
ne vient au Père que par moi". (Jean 14,6)
"Or la vie éternelle, c'est qu'ils te connaissent toi,
seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ".
(Jean 17,3)
"Mais à tous ceux qui l'ont reçu, à ceux
qui croient en son nom, il a donné le pouvoir de devenir enfants
de Dieu". (Jean 1,12)
"Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole, et mon Père
l'aimera; nous viendrons à lui et nous ferons notre demeure chez
lui". (Jean 14,23)
Je n'avais personne capable de m'expliquer ces versets, cependant je
continuais à demander à Dieu de me guider.
ENCHAINE PAR L'AMOUR
La douleur et les blessures de mon corps étaient guéris,
mais les témoignages d'amour des chrétiens et les effets
de la brochure demeuraient. Je sentais que quelque chose me contraignait
à renouer cette communion et je décidai de rencontrer à
nouveau mes amis. Alors que je me mis en route, des parents et des voisins
m'aperçurent, et j'en redoutais les conséquences. En fait,
j'avais pris la décision de quitter le village. Arrivé chez
le missionnaire, je lui fis part de mes problèmes, je montrai les
cicatrices de mes blessures et je lui demandai de m'aider à rejoindre,
à Mysore, ma soeur mariée. Ma soeur m'aimait bien, elle et
son mari me recevraient avec bonté. Le missionnaire conseilla cependant
de retourner à la maison. Il me dit que lorsque je serai plus âgé,
je pourrais partir, mais qu'en attendant, je devais vivre paisiblement
à la maison, et que, en grandissant dans la foi et dans l'amour,
je pourrais influencer ma famille et mes amis. Il me dit que Dieu serait
mon Sauveur, mon protecteur et mon ami.
Comme il faisait nuit et que j'avais peur, je lui demandai la permission
de passer la nuit dans la salle de lecture chrétienne; j'y restai
tout le lendemain avec mon ami Monsieur George. Sachant que j'étais
là, quelques personnes de mon village vinrent avec la police pour
me chercher. Ils demandèrent à George de me rendre et l'accusèrent
même de m'avoir enlevé. Il leur répondit: "Alavi
est ici de sa propre volonté. Vous pouvez le prendre mais ne le
battez plus jamais." Lorsque quelques musulmans furent arrivés
dans la salle de lecture pour aider leurs amis chrétiens, une querelle
s'engagea entre musulmans. J'en profitai pour m'enfuir par la porte de
derrière, m'engageant dans un champ et sautant dans un canal tout
proche, comme si j'allais prendre un bain.
Un peu plus tard, quelques musulmans me découvrirent et me conduisirent
dans une salle de lecture musulmane appelée "Mapilla Nadu"
où ils me posèrent beaucoup de questions, en criant contre
moi en me traitant avec cruauté. Pendant ce temps, ma mère
me cherchait aux différents endroits où nous avions de la
famille. C'est ainsi que le frère de mon beau-frère me trouva
et me délivra de mes ravisseurs. Dès que nous fûmes
rentrés chez nous, mon père envoya ma petite soeur chercher
mes oncles, pendant qu'une foule de gens se rassemblait devant la maison.
Lorsqu'ils furent tous arrivés, mon père demanda à
chacun: "Qu'allons-nous faire d'Alavi? Nous avons fait de notre mieux
pour l'éloigner de l'influence chrétienne. Que pourrions-nous
faire d'autre?" Le premier oncle conseilla à mon père
de me tuer en me coupant la gorge, le second proposa la même chose,
d'une manière plus catégorique. Le troisième eut une
idée différente. Il suggéra de me faire mourir de
faim. En me tuant comme les deux premiers l'avaient suggéré,
toute la famille irait en prison. Alors ma mère se mit à
crier: "Tuez-moi la première et mon fils après!",
ce qui me fit pleurer à chaudes larmes. Je ne peux exprimer la douleur
et la crainte qu'il y avait dans mon coeur pendant que je me demandais
ce qu'ils allaient faire de moi. Le groupe suivit le conseil du troisième
oncle. Un de mes oncles me battit alors cruellement jusqu'au moment où
mon père intervint pour le faire cesser. Mon père m'attacha
les mains derrière le dos et je restai ainsi, rejeté, durant
trois semaines. Il ordonna de ne me donner de la nourriture qu'une fois
par jour, mais en son absence, ma mère m'en donnait de temps en
temps.
Un jour, mon père et son jeune frère vinrent me voir,
accompagnés d'un forgeron. Mon oncle me demanda à nouveau
de confesser le credo musulman devant mon père, mais je ne pus articuler
aucune parole. Ma mère, mes soeurs et ceux qui étaient là
me crièrent de le réciter, mais j'en étais incapable.
Je ne comprenais pas ce qui m'arrivait, il m'était impossible de
parler. Finalement, comme il en avait reçu l'ordre, le forgeron
mit deux anneaux de fer et une chaîne à mes jambes et les
verrouilla. Je restai enchaîné ainsi les six semaines qui
suivirent. Mon ancien ami, Abdullah, qui avait déchiré sa
brochure, vint me voir et me demanda ce qui m'avait conduit là.
II savait que c'était à cause de la brochure. Je ne lui répondis
pas. Mais pendant que j'étais couché , enchaîné,
je me rappelai ces autres paroles du Nouveau Testament (Injil):
"Que votre coeur ne se trouble pas. Croyez en Dieu et croyez
en moi". (Jean 14,1)
"Vous connaîtrez la vérité, et la vérité
vous affranchira". (Jean 8,32)
Etait-ce une manière de me moquer de moi-même tandis que
je regardais mes chaînes et que je me rappelais ces paroles de Jésus?
Peut-être dans une telle situation, expérimente-t-on mieux
le réconfort de Jésus. Il était très près
de moi, plus près même que lorsque je lisais secrètement
dans la forêt ces paroles du Nouveau Testament (Injil).
DIEU ME DELIVRE
Au bout de six semaines, je m'échappai avec l'aide d'un cousin,
parent de ma mère. Un jour, alors qu'il n'y avait personne à
la maison, il força mes chaînes. Après cela, on me
laissa libre, car personne ne voulut m'enchaîner à nouveau.
En fait, ma famille et mes proches me traitaient à nouveau avec
amabilité. Je restai encore quinze jours à la maison, me
demandant: pourquoi devrais-je continuer à vivre dans une maison
et une communauté qui éveillaient en moi plus de peur qu'elles
ne procuraient de paix. Aussi ai-je décidé de partir.
Un jour, après le repas de midi, en regardant le visage de ma
mère mes yeux se remplirent de larmes, car elle ne connaissait pas
mon projet. C'était le moment de mon adieu à la maison. Je
dis à ma mère que j'allais prendre un bain dans la citerne;
c'est ainsi que je quittai la maison. (Que Dieu me pardonne ce mensonge
et tous les autres que je n'aurais jamais dû dire!) Je parcouru près
de 10 milles (env. 15 km) à pied jusqu'à une gare où
je pris un train pour la ville de Calicut, située à 30 milles
(env. 45 km) de là. Je devins un vagabond. Je finis par trouver
un travail dans un magasin de thé. Mais ma vie continuait à
être très troublée.
Plus tard, j'appris que, pendant mon emprisonnement, les chrétiens
de Malappuram avaient partagés mes souffrances. Ils avaient prié
pour moi, et essayé de trouver le moyen de m'aider, sans pouvoir
y parvenir. A cette époque-là, on attaquait mes amis chrétiens
en les dénonçant nominativement, par haut-parleurs. Les chefs
religieux musulmans commandaient au peuple de s'éloigner des bâtiments
de la mission chrétienne et de retirer leurs enfants de la garderie.
Des gardes étaient placés aux portes de la propriété
pour veiller à l'exécution de ces ordres. Les musulmans n'étaient
autorisés à entrer dans le dispensaire qu'à seule
fin d'obtenir des soins. Cependant la situation redevint bientôt
normale. D'autres haut-parleurs proclamaient ceci: "Cessons de nous
préoccuper des chrétiens et portons davantage d'attention
aux oeuvres d'Allah!" Ainsi, après quelques semaines, les difficultés
prirent fin.
Bien que cela déplût au propriétaire du magasin
de thé qui était musulman, je m'inscrivis à un autre
cours biblique par correspondance. Je continuai à travailler dans
ce magasin durant cinq mois. Ensuite, je quittai Calicut pour me rendre
chez ma soeur, à Mysore, d'où je fis parvenir une lettre
à George qui la partagea à mes autres amis chrétiens.
Ils apprirent ainsi, pour la première fois, que Dieu m'avait délivré
de mes liens. Je terminai ma lettre comme suit: "Je vais très
bien. Je prie toujours la prière du Seigneur."
Après avoir travaillé un an à Mysore avec mon beau-frère
et dix-huit autres mois sur un navire marchand, dont le point d'attache
était Calicut, je retournai à Malappuram. A cette époque,
je rencontrai une nouvelle fois George et pus jouir de la communion de
Monsieur le Pasteur Chellayan et son épouse, qui étaient
heureux de me voir et me reçurent à bras ouverts. Il ne me
fus pas possible de rencontrer le missionnaire; il était rentré
dans son pays natal. De là, je retournai à Mysore où
mon beau-frère me prit à nouveau avec lui pour l'aider dans
son hôtel. Grâce à sa recommandation, j'obtins d'être
engagé par le service du télégraphe, comme apprenti
sur les lignes. Mais là, je fus touché par un autre malheur:
des problèmes de hanche m'obligèrent à abandonner
ce travail.
Je décidai donc de retourner à Malabar pour un traitement
médical. A ce moment-là, George travaillait dans l'hôpital
missionnaire; il contribua à ce que j'obtienne un examen médical.
Le missionnaire, qui dans l'intervalle était retourné aux
Indes, fut très heureux de me voir et me demanda de lui raconter
tout ce qui m'était arrivé depuis le moment où j'avais
été enchaîné jusqu'à mes derniers déplacements.
Il me parla de toutes les personnes qui avaient prié pour moi; il
me donna ensuite une lettre de recommandation pour un autre missionnaire
qui pourrait m'aider à améliorer mon état de santé
Grâce à ce missionnaire et à un docteur, je fus soigné
à l'hôpital missionnaire de Vellore.
De retours de l'hôpital, je fus admis à participer pour
trois mois à Mysore à une croisade qui oeuvrait de maison
en maison aux Indes, distribuant des traités et partageant la bonne
nouvelle de Christ. Lorsque ma soeur et mon beau-frère apprirent
cela, ils furent très irrités et me firent savoir qu'ils
ne m'accepteraient plus chez eux. Le missionnaire me trouva un logis chez
un pasteur, le Rev. Parameswaran et sa famille à Gundulupet. Ce
fut une merveilleuse expérience de passer ce temps avec eux et d'avoir,
pendant quatre mois, la possibilité d'étudier la doctrine
chrétienne. Après cela, je me joignis à une équipe
de l'Eglise Evangélique Luthérienne, et pendant une année,
nous distribuâmes de la littérature chrétienne dans
plusieurs régions des Indes du Sud, en bibliobus. Dieu me conduisait
ainsi dans son service.
Comme j'étais désireux d'étudier la Bible plus
à fond, je m'inscrivis à un cours biblique de l'Ecole Biblique
Concordia à Nagercoil, en juin 1970. Je me rappelle la joie profonde
que j'ai éprouvée d'avoir eu cette possibilité d'étudier
la Bible! Dans la bibliothèque de l'école, je trouvai plusieurs
bons livres sur l'Islam, qui m'aidèrent à élucider
beaucoup de mes doutes.
J'AI TROUVE LA LUMIERE
Au collège j'avais la possibilité d'étudier de
façon approfondie la personne et l'oeuvre de Christ. Je le fis en
relisant les passages du Coran qui parlent de lui, à la lumière
de ma foi grandissante en Jésus et de ma connaissance accrue de
la Bible. Je cherchai à résoudre un problème auquel
je n'avais pas encore de réponse. Comment Jésus pouvait-il
être sans péché et avoir l'autorité pour pardonner
les péchés des autres? Il est difficile de ne pas s'arrêter
devant l'absence de péché en Jésus, au vu de ce que
le Coran dit du péché des autres prophètes. Ainsi,
s'adressant en particulier à Muhammad, le Coran dit:
"Oui, nous t'avons accordé une éclatante victoire
afin que Allah te pardonne tes premiers et tes derniers péchés;
qu'il parachève sa grâce en toi; qu'il te dirige sur la voie
droite" (Sourate Al-Fath - La Victoire 48,1 et 2).
Puisqu'aucune âme chargée de péché ne peut
porter le fardeau d'une autre (Sourate Fatir Créateur 35,18), comment
Jésus ou tout autre prophète peut-il porter le fardeau d'un
autre?
Mais le Coran, citant l'ange Gabriel, dit du Messie, Fils de Marie:
"Je ne suis que l'envoyé de ton Seigneur pour te donner
un enfant pur" (Sourate Maryam Marie 19,19).
C'est ce qu'affirme aussi un Hadith, transmis par Al-Boukhari: "Chaque
bébé humain est touché à la naissance par le
doigt de Satan, sauf Marie et son fils" (Michkat A1 Massabih).
La Bible aussi indique clairement la pureté et la nature sans
péché de Jésus quand il dit à ses adversaires,
"Qui de vous me convaincra de péché?" (cf. Jean
8,46a). Plus loin, elle (la Bible) affirme qu'il (Jésus) ôte
nos péchés:
Quiconque pèche transgresse la loi, et le péché
est la transgression de la loi. Or, vous le savez, Jésus a paru
pour ôter les péchés, et il n'y a point en lui de péché.
(1 Jean 3,4-5)
Etait-ce pour porter les fardeaux des autres que Jésus était
lui-même un être sans péché ? Le Coran déclare
bien que Jésus était pur, mais il n'explique pas pourquoi
Dieu a accordé un "enfant pur" à Marie.
Plus loin, le Coran attribue à Jésus des qualités
qu'il n'accorde à aucun autre prophète ou apôtre. II
est appelé Parole de Dieu et Esprit qui vient de Dieu:
O détenteurs du Livre! Ne dépassez pas la mesure dans
votre religion; ne dites, sur Allah, que la vérité. Oui,
le Messie, Issa, fils de Marie, est le Prophète de Dieu, son Verbe
qu'il a placé en Marie, un Esprit émanant de lui. Croyez
donc en Allah et en ses prophètes. Ne dites pas: "Trois";
cessez de le faire; ce sera mieux pour vous. Allah est unique! Gloire à
lui! Comment aurait-il un fils? Ce qui est dans les cieux et sur la terre
lui appartient. Allah suffit comme protecteur! (Sourate Al-Nissa' - Les
Femmes 4,171).
L'ange Gabriel adresse de même à Marie les paroles suivantes:
Il dit: "C'est ainsi: Ton Seigneur a dit: "Cela est facile
pour moi." Nous ferons de lui un signe pour les hommes; une miséricorde
venue de nous. Le décret est irrévocable" (Sourate Maryam
- Marie 19,21, cf. Sourate 21,91).
Quoiqu'il ait affirmé d'autre à propos de Jésus,
le Coran le présente d'une manière certaine comme un personnage
unique. En effet, dans sa relation avec Dieu, il apparaît comme Parole
de Dieu et Esprit de Dieu; en outre sont uniques ses activités créatrices,
ses guérisons, ses miracles de résurrection (Sourate al 'Imrân,
La Famille de 'Imrân 3,49), son ascension au ciel et sa présence
au ciel aujourd'hui.
Au travers des études ultérieures, je commençais
aussi à comprendre en quoi la signification biblique de l'expression
"Fils de Dieu" diffère de la compréhension coranique.
Le Coran nie que Dieu ait engendré, au sens physique (Lam yalid
wa lam yulad). Dans ce sens-là, la Bible aussi rejette l'expression
"Fils de Dieu". Toutefois, il m'était possible d'accepter
et de comprendre l'attribut "Fils de Dieu" (que donne la Bible)
pour Jésus, à condition de le prendre au sens spirituel,
de la même manière que je comprends l'attribut "Parole
de Dieu". Là encore, j'étais reconnaissant au Coran
de servir de pont pour une compréhension plus complète de
la signification biblique de l'expression "Fils de Dieu" lorsqu'elle
désigne Jésus.
C'est sans nul doute sur la base de la sourate "al-Nissa'"
que les musulmans ont rejeté le récit biblique de la mort,
de la résurrection et de l'ascension de Jésus:
Et parce qu'ils ont dit: "Oui, nous avons tué le Messie,
Issa, fils de Marie, le Prophète d'Allah. Alors qu'ils ne l'ont
pas tué ni crucifié, mais que son sosie a été
substitué à leurs yeux. Ceux qui sont en désaccord
à son sujet restent dans le doute; ils n'en ont pas une connaissance
certaine; ils ne suivent qu'une conjecture; ils ne l'ont certainement pas
tué, mais Allah l'a élevé vers lui: Allah est puissant
et juste (Sourate Al-Nissa' - Les Femmes 4,157-158).
Dans d'autres passages, le Coran se réfère à la
mort de Issa (Jésus), mais les interprètes musulmans proposent
des opinions contradictoires sur quelques-uns de ces versets significatifs,
traduits par Masson:
"Que la paix soit sur moi, le jour où je naquis; le jour
où je mourrai; le jour où je serais ressuscité (Sourate
Maryam - Marie 19,33. Voir tout le passage 19,1 à 36).
Allah dit: "O Issa! Je vais, en vérité, te rappeler à moi;
t'élever vers moi; te délivrer des incrédules. Je vais placer ceux qui t'ont
suivi au-dessus des incrédules, jusqu'au jour de la résurrection; votre retour
se fera alors vers moi; je jugerai entre vous et trancherai vos différends
(Sourate al 'Imrân - La Famille d'Imrân 3,55). .
"Je ne leur ai dit que ce que tu m'as ordonné à savoir:
"Adorez Allah, mon Seigneur et votre Seigneur!" J'ai été
contre eux un témoin, aussi longtemps que je suis demeuré
parmi eux, et quand tu m'as eu rappelé à toi, c'est toi qui
les observais, car tu es témoin de toute chose" (Sourate Al-Ma'ida
- La Table Servie 5,117).
Quand Masson et traduit "mutawaffika" par "Je vais te
rappeler à moi" (Sourate A1 'Imrân La Famille d'Imrân
3,55), et "tawaffaitani" par "Tu m'as rappelé auprès
de toi" (Sourate Al-Ma'ida - La Table Servie 5,117), le traducteur
est-il resté fidèle à la révélation
de Muhammad? Quelques commentateurs musulmans dignes de respect traduisent
ce verbe par "faire mourir", précisant que la mort de
Jésus (Issa) précédait son ascension. Par exemple
dans sa traduction du Coran en langue française, Muhammad Hamidullah
traduit (Sourate Al 'Imrân - La Famille d'Imrân 3,55) par "Je
vais t'achever et t'élever vers moi", et (Sourate Al-Ma'ida
- La Table Servie 5,117), par "puis quand tu m'as achevé",
en ajoutant une variante, "quand tu m'as achevé (par la mort)."
Les compte-rendus bibliques ne laissent en aucune manière la
possibilité d'interpréter de différentes façons
tout ce qui concerne le moment, l'endroit et les circonstances de la mort
de Jésus. Il fut crucifié, mourut et fut enseveli. Sa crucifixion
eut lieu hors des murs de Jérusalem, du temps de Pilate, gouverneur
de Judée. Tous ces faits sont historiques. De nombreuses fois, la
Bible fait référence à la mort de Jésus de
façon explicite et sans ambiguïté, en montrant toute
la portée.
C'est la réflexion sur la vie de Jésus - née de
la confrontation du Coran avec l'Evangile (Injil) - qui m'a apporté
la lumière sur ces choses. Non seulement tous ces passages coraniques
révèlent la relation spéciale que Jésus (Issa)
a avec Dieu, mais ils indiquent aussi avec certitude le but particulier
de Dieu en envoyant Jésus (Issa), sa Parole et son Serviteur, dans
ce monde pécheur. Une fois de plus, je me souvins de ma brochure
"Le coeur de Pak". J'en conclus que Dieu a donné sa parole
de pardon à tous les pécheurs par Jésus (Issa) seul,
au moyen de sa mort sur la croix et de sa résurrection. Plus je
lisais la Bible (Torah - Zabour - Injil), plus elle me parlait et dissipait
mes doutes les uns après les autres.
Une question me laissait cependant perplexe: "Qu'en était-il
de Muhammad dont la venue, selon le Coran, aurait été prophétisée
par Jésus (Issa)?"
Issa, fils de Marie, dit: "O fils d'Israël!, je suis l'Apôtre
d'Allah envoyé vers vous, déclarant véridique ce qui,
de la Torah, est antérieur à moi et annonçant un apôtre
qui viendra après moi, dont le nom sera Ahmad." Mais lorsque
celui-ci vint à eux avec des preuves incontestables, ils dirent:
"Voilà une sorcellerie évidente!" (Sourate Al-Saff
- Le Rang 61,6).
Le mot arabe "Ahmad" a la même racine significative
que le mot Muhammad. Ce passage n'indique-t-il pas que Jésus (Issa)
ait annoncé d'avance la venue de Muhammad? C'est en tout cas ce
qui m'avait été enseigné et que j'avais cru.
En faisant des recherches dans la Bible, j'ai dû constater qu'il
ne s'y trouvait aucune allusion à Muhammad. De leur côté,
mes professeurs confirmèrent cette constatation. Toutefois, je trouvai
un commentaire musulman du Coran qui se référait à
plusieurs passages bibliques pour étayer cette interprétation
de la Sourate Al-Saff - Le Rang 61,6. Voici le passage de l'Evangile (Injil)
principalement cité:
"Et moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre
consolateur, afin qu'il demeure éternellement avec vous".
(Jean 14,16)
Le commentateur en question affirme que le texte grec original employait
le mot "periklutos" ("le loué" ou "Ahmad")
et non "parakletos" ("le consolateur"), et que par
cette substitution, les chrétiens ont cherché à supprimer
l'allusion à Muhammad.
Comme je ne connaissais pas le grec et qu'il m'était extrêmement
difficile de renoncer à ma foi en Muhammad, en tant que prophète,
je me trouvais dans une situation inextricable. Muhammad tenait toujours
une grande place dans mon coeur et je sentais que j'aurais abandonné
n'importe quoi plutôt que ma foi en lui. Je posai la question au
professeur de grec; il me répondit que le terme "periklutos"
ne figurait nulle part dans le texte grec de Saint Jean. Il m'expliqua
clairement le sens du mot biblique original "parakletos", et
comment la promesse de Jésus (Issa) (Jean 14,16) s'était
accomplie par la venue de l'Esprit Saint (Actes 2,1-11) qui habite depuis
lors avec le peuple de Dieu comme son consolateur et son guide.
Je soumis également le problème à Dieu, lui demandant
de m'éclairer dans mes doutes. Un soir, je me couchai après
avoir prié. Au milieu de la nuit, alors que je ne pouvais trouver
le sommeil, j'entendis comme une voix qui disait: "Lève-toi
et lis." Je crus que c'était seulement le fruit de mon imagination.
Mais je l'entendis encore et encore. Je me levai, ouvris la Bible et lu
à plusieurs reprises ce passage:
"Si vous m'aimez, gardez mes commandements. Et moi, je prierai
le Père, et il vous donnera un autre Consolateur ("parakletos")
afin qu'il demeure éternellement avec vous, l'Esprit de Vérité,
que le monde ne peut recevoir parce qu'il ne le voit point et ne le connaît
point; mais vous, vous le connaissez, car il demeure avec vous et il sera
en vous". (Jean 14,15-l7)
Au cours de cette lecture, plusieurs questions me vinrent à l'esprit.
"Avais-je lu dans le Coran ou le Hadith que Muhammad est l'Esprit
de vérité qui demeure avec moi éternellement; un Consolateur
que le monde ne peut voir et ne connaît pas, et qui habite en moi?
- Non!" Dès ce moment, je compris que ces paroles de l'Evangile
(Injil) n'étaient pas une prophétie annonçant la venu
d'un autre prophète et ne faisaient pas allusion à un humain.
C'est alors que, considérant ce qui était arrivé aux
premiers chrétiens (Actes 2,1-11), mon esprit fut comme submergé
par cette grande vérité: Le Consolateur que Jésus
avait promis est l'Esprit Saint, l'Esprit éternel du Dieu vivant
et non l'ange Gabriel!
Plus tard, j'ai moi-même pu expérimenter la puissance de
l'Esprit Saint dans ma propre vie. C'est par lui que je suis venu à
Christ. Gloire soit à Dieu! Amen.
Je continuais à lire la Sainte Bible (Torah, Zabour - Injil)
avec application. J'y trouvais des bénédictions en abondance
comme jamais je n'en avais rêvé. Elle a le pouvoir de parler
à ceux qui aspirent vraiment à ce que Dieu se révèle
à eux et les dirige. Elle me montra qui j'étais réellement,
mon coeur entaché de culpabilité et mon aveuglement spirituel.
Je compris qu'il me fallait apporter tous mes péchés et tous
mes fardeaux à Dieu, au nom de Jésus, le Messie. Il est celui
qui est ressuscité, monté au ciel d'où il reviendra.
Je fus convaincu que la Bible (Torah - Zabour Injil) est véritablement
la parole de Dieu, de plus elle apportait des solutions aux problèmes
qui embarrassaient mon coeur. Son eau vivante commençait à
désaltérer mon âme assoiffée. Je découvrais
ce que je n'avais jamais trouvé auparavant dans mon expérience
religieuse. Je fus convaincu que dans la Sainte Bible étaient rapportés
de manière exacte et fidèle les enseignements et les oeuvres
de Jésus le Messie, le mystère de la résurrection,
son ascension, sa seconde venue, ainsi que les autres doctrines qu'auparavant
je ne pouvais comprendre et que j'avais parfois même haies. Elle
contient le message de la puissance et de l'amour sauveur de Dieu pour
moi et pour tous les hommes, et nous apporte la paix. Cet amour de Dieu
se manifeste en la personne de Jésus, en sa mort et en sa résurrection
pour les pécheurs, ainsi que le proclame Paul dans le Nouveau Testament
(Injil), se faisant l'écho des autres apôtres:
"Je vous ai enseigné avant tout, comme je l'avais aussi
reçu, que Christ est mort pour nos péchés, selon les
Ecritures; qu'il a été enseveli et qu'il est ressuscité
le troisième jour, selon les Ecritures...".
(1 Corinthiens 15,3-4)
Certes, beaucoup d'amis musulmans continueront de penser que la Bible
a été falsifiée et abrogée. Que celui dont
l'âme est remplie d'une crainte respectueuse devant la sainteté
de Dieu et dont le coeur est chargé par le péché,
étudie la Bible, réfléchisse sérieusement à
son message, et en tire les conséquences pour lui-même comme
je l'ai moi-même fait.
UNE GRANDE DECISION
Le 19 juillet 1970, je me donnai à Jésus le Messie. Je
confessai tous mes péchés et tous mes doutes et, par le baptême,
je fus uni à lui et à son amour miséricordieux. Tout
mon corps tremblait. Je ressentis comme une force de Dieu qui me pénétrait.
Je me relevai: j'étais un homme changé, avec la paix dans
l'âme, la joie dans le coeur et l'esprit rempli de certitude. Aujourd'hui
encore, je puis rendre témoignage de ces mêmes réalités:
paix, joie, espérance et certitude. Bien qu'il me soit difficile
de l'expliquer, j'ai dès ce moment cru dans mon coeur que tous mes
péchés ont été lavés par le sang précieux
de Jésus-Christ, que j'ai reçu une puissance pour une vie
nouvelle d'amour, et que désormais le Seigneur Jésus lui-même
règne dans mon coeur.
A SON SERVICE
Peu après, j'eus la possibilité de me joindre à
un groupe appelé Opération Mobilisation, ce qui me permit
de proclamer la "Bonne Nouvelle" dans différentes parties
de l'Inde. Je poursuivis ce travail durant deux années. Dans mon
engagement, j'expérimentais ce que signifiait être un disciple
de Jésus. Je suis très reconnaissant envers le Seigneur et
les membres d'Opération Mobilisation de m'avoir donné l'occasion
de travailler avec eux et d'avoir bénéficié de leur
aide en cette période d'épreuves. Plus tard, je retournai
à l'Ecole Biblique Concordia où je terminai en 1975 mes études
de théologie.
J'ai aujourd'hui un ardent désir de présenter la Bonne
Nouvelle de la lumière de Dieu à mon propre peuple partout
où il se trouve, et en particulier dans ma région. Puisse-t-il
écouter cette invitation de Jésus-Christ à connaître
le grand salut de Dieu, s'adressant à tous:
"Je suis le chemin, la vérité et la vie; nul ne
vient au Père que par moi". (Jean 14,6)
"Or, la vie éternelle, c'est qu'ils te connaissent, toi,
le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ".
(Jean 17,3)
"Je suis la lumière du monde; celui qui me suit ne marchera
pas dans les ténèbres, mais il aura la lumière de
la vie". (Jean 8,12)
CONCLUSION
J'ai accepté Jésus-Christ comme mon Sauveur personnel,
parce qu'il a été capable de transformer ma vie en une vraie
vie de bonheur, de paix et d'espérance. Il a été capable
de me rendre fort au sein de ma faiblesse. Parce qu'il est le Dieu vivant,
il nous donne la grâce de vivre dans ce monde une vie victorieuse
et nous assure une citoyenneté éternelle au paradis. Bien
qu'ayant perdu ma famille et mes possessions sur la terre, j'ai la certitude
d'être membre de la famille céleste de Dieu. Je crois à
ce que David, le grand roi-prophète, a dit:
Mon père et ma mère m'abandonnent, mais l'Eternel me
frecueillera (Psaume - Zabour 27,10).
Dans tous mes problèmes, mes interrogations et mes tentations,
il me suffit de regarder à lui, et aux heures de solitude, de fatigue
et de désappointement, je le loue pour sa grâce. Jésus
dit:
"Ce n'est pas vous qui m'avez choisi, mais moi, je vous ai choisis,
et je vous ai établis, afin que vous alliez, et que vous portiez
du fruit et que votre fruit demeure". (Jean 15,16a)
Je ne l'ai pas choisi, mais il m'a choisi. Par lui, "l'histoire
de Pak" est devenue l'histoire de K. K. Alavi. A Dieu soit la gloire
aux siècles des siècles. Amen.
Si je puis vous être utile, ayez l'amabilité de m'écrire
en arabe, en anglais ou en français, à l'adresse suivante: info@the-good-way.com
La traduction du Coran par D. Masson, 1967, Edition Gallimard, et la
traduction du Coran par Régis Blachère, 1980, Maisonneuve
& L, ont été utilisées pour toutes les citations.
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